En difficulté, l’entreprise Rosier de Moustier attend un «fortifiant»

Lors du conseil communal de jeudi soir, Michel Devos a fait écho de l’inquiétude des 118 travailleurs de l’usine Rosier et de la population. Il craint même une fermeture.

Pascal Lepoutte
 Depuis 1880, l’usine d’engrais Rosier, qui a employé plus de deux cents personnes, fait partie du paysage de Moustier.
Depuis 1880, l’usine d’engrais Rosier, qui a employé plus de deux cents personnes, fait partie du paysage de Moustier. ©- 

" L a situation de l’usine chimique nous préoccupe vraiment beaucoup. On entend parler très souvent d’une fermeture. Il y a quand même pas mal de Frasnois qui y travaillent, a déclaré le conseiller Michel Devos. J e me demandais si on avait déjà sensibilisé les ministres de l’Économie, wallon et fédéral, sur cette situation, afin de voir dans quelle mesure il peut y avoir des contacts avec les actionnaires et la direction, qui est (sont) à l’étranger. Est-ce qu’on ne peut pas, nous en tant que Commune, réagir pour essayer de sauver ce qui peut être sauvé, etc. et ce même si on n’a pas les leviers? Quand on apprendra la fermeture, ce sera trop tard!"

49 millions de pertes

En mars dernier, dans un communiqué, Rosier évoquait les conséquences de la guerre en Ukraine (déclenchée quinze jours plus tôt) sur ses activités: une augmentation significative des prix des matières premières (nitrates, phosphates et potassium) et des coûts de l’énergieavec pour conséquence une augmentation des coûts de production et de logistique; un manque de disponibilité des matières premières; la suspension des approvisionnements de Rosier en provenance de Russie et de Biélorussie, qui ont représenté environ 18% des quantités totales consommées au cours de l’exercice 2021; une baisse importante du carnet de commandes de Rosier; le blocage des livraisons de produits à des clients ukrainiens importants (10% du chiffre d’affaires de Rosier en 2021), etc. Durant l’année écoulée déjà, les pertes de la société avaient doublé, atteignant 49 millions d’euros.

«On n’a pas de contact…»

Début juin nos confrères de "L’Echo" rappelaient qu’en début d’année, l’actionnaire principal, l’Autrichien Borealis (77,5%), avait proposé un plan de sauvetage prévoyant de convertir en nouvelles actions une grande partie de la dette (55 millions d’euros) tandis que le groupe chimique fournirait une ligne de financement de 15 millions d’euros à sa filiale belge. Lors de la dernière assemblée extraordinaire du 16 juin, Borealis a vu son plan de redressement approuvé. À l’issue de l’augmentation de capital, Borealis AG détiendra donc 98,09% du capital de Rosier SA. Une offre publique de reprise sur l’usine frasnoise signifierait une sortie de la bourse de Rosier. Il est de plus en plus question d’une revente…

La bourgmestre de Frasnes-lez-Anvaing Carine de Saint-Martin a répondu, dépitée, au mandataire socialiste; " Je comprends ta démarche, mais on n’a aucun contact, pas d’élément. C’est du pur privé! "