VIDEO | Aprène a d’viseu eul patoâs à l’ècole de Montroeul-au-bois

En renouant avec le patois local, les enfants de l’école de Montroeul-au-bois apprennent aussi et surtout à retrouver leurs racines.

Vincent Dubois

Passionnés par le patois local et leur terroir, des habitants de Frasnes et environs se sont donnés pour mission de faire revivre le «ppf», soit le patois picard de Frasnes auprès des jeunes générations. Car, comme nous l'explique Martine Deffernez, la présidente d'El Biscatoû — c'est le nom de leur association — «cela fait au moins une génération que l'on ne pratique plus — ou alors très peu — la langue au sein des familles et il ya du retard à rattraper». Car, au-delà de l'apprentissage de la langue, ce sont surtout les racines locales qu'entendent cultiver les membres de l'association. Aussi, à côté des cours de vocabulaire et de prononciation, ceux-ci proposent également diverses activités, au sein d'ateliers (chaque 3e jeudi du mois en partenariat avec la Province de Hainaut dans la salle l'Envol, à Buissenal) ou dans les écoles de l'entité. Cela se traduit, notamment, par des cours de cuisine, la rédaction de livres en picard frasnois et même la sortie d'un cd de chansons locales.

C’est aussi une manière de montrer que le patois n’est pas une langue morte et qu’il est important d’en assurer la pérennité.

Pour l’heure, c’est à l’école de Montroeul-au-bois que les membres d’El Biscatoû dispensent leurs connaissances auprès des élèves des classes de 5e et 6e de Mme Marie-Christine. Ils peuvent également s’appuyer sur un ouvrage rédigé par le créateur de l’association, Carl Colbrant, qui a rédigé un alphabet spécifique du picard frasnois en collaboration avec un professeur de linguistique de l’UCL. Question de conserver des traces écrites d’une langue qui se voulait essentiellement orale à l’origine.

Pour ne donner qu’un exemple d’activités parmi d’autres, lorsque nous nous sommes rendus en classe, un groupe d’élèves répétait certains sons spécifiques au patois local alors que d’autres étudiaient «les oujôs d’no région».

Avant de conclure, savez-vous ce que signifie «El Bescatoû»?

«C'est un terme typiquement frasnois, explique Freddy Bertoux, trésorier de l'association, repris par les enfants dans un esprit de moquerie en se frottant les index…»

En général, dans les cours de récré, les enfants l'accompagnent chez nous d'un «nananananèèèèère» qui veut tout dire…

Une après-midi patoisante à Buissenal

Des enfants de l'école de Montroeul-au-bois participeront à l'après-midi patoisante d'El Bisactoû, le samedi 4 mars, à partir de 15 h, en la salle de l'Envol, à Buissenal. Au programme, des textes en patois seront lus par leurs auteurs — on en annonce plus d'une dizaine — des chansons seront interprétées par les membres de l'association et par les enfants de l'école de Montroeul-au-bois et le public pourra également assister à la présentation de la pièce en un acte: «Ô dial lès varices». On pourra aussi s'en mettre «plin spanche» avec les charcuteries artisanales de Martine.

Bref, «plezi aseure…»

Inscription obligatoire auprès de Martine Deffernez: 069/868 157, Nicole Austrate: 069/866 429 ou Annette Masure: 069/769 512. «Tou cha pou 15€»