Les « Non merci » sont au taquet

Le collectif d’opposants à la «saturation éolienne» (17 machines sont évoquées) entre Quartes et Frasnes s’est étoffé. Il organise une réunion le 22 janvier.

Pascal Lepoutte

Ils se sont partagé le travail: le week-end dernier, des membres actifs du collectif «Éoliennes Non merci» sont allés sonner aux portes des riverains des quatre parcs éoliens existant (celui de Ventis à Moustier) ou pressentis sur les territoires de Quartes-Thimougies-Béclers, Hacquegnies-Montrœul-au-Bois et Anvaing-Frasnes-lez-Buissenal et à celles des autres dizaines de personnes qui avaient marqué leur opposition au dernier projet présenté, celui de We Power (devenu depuis Eoly), le producteur et fournisseur d'énergie du groupe Colruyt.

«Chacun pourra s’exprimer»

Ces habitants se sont vus remettre un tract intitulé 17 éoliennes autour de Frasnes - Ne laissez pas les financiers choisir à votre place reprenant la carte d'implantation des futures turbines et les principaux arguments des «anti». Cette opération de sensibilisation vise à amener le plus de monde possible à la «réunion d'information» qui aura lieu le vendredi 22 janvier à 19h30 à la salle de la Belle-Eau à Frasnes-lez-Buissenal. «On attend plus de deux cents participants», explique Franck Goddefroy, une des chevilles ouvrières d'un collectif qui s'est constitué en réaction au projet Nordex du côté de Béclers (au sud de la chaussée de Frasnes) avant de rallier à sa cause de nouveaux adeptes après l'annonce du projet sis aux abords du rond-point des Fourmis à Hacquegnies, le long de l'A8. «Parce que les promoteurs se limitent au strict minimum en matière d'information, l'idée est de faire le point sur les projets des quatre parcs tous situés autour de Frasnes. La plupart des mandataires publics seront présents et on espère que les représentants de la société civile viendront aussi, même si certains nous disent qu'ils sont tenus à un devoir de réserve, précise le Montrœulois. Nous voulons vraiment que toutes les personnes présentes puissent s'exprimer, quelle que soit leur position sur le sujet, et tenons à ce que les échanges se déroulent dans le plus grand respect des sensibilités de chacun.» Une précision importante dans la mesure où ceux qui défendent le développement de l'éolien rechignent souvent à assister à ce genre de réunion qui voit, la plupart du temps, chacune de leurs interventions huées par l'assemblée. Le débat devenant alors impossible pour ne laisser place uniquement qu'à une diatribe propagandiste.

Le point sur les projets

Mais 17 éoliennes, comment arrive-t-on à ce nombre pléthorique sur un territoire aussi restreint? «Il y a les quatre éoliennes du parc de Moustier, précise Franck Goddefroy. Puis les cinq du projet Nordex, même si cela fait 42 mois que l'étude d'incidences a été lancée et que nous n'avons plus aucune nouvelle. Le permis pour le mât de mesure est carrément dépassé depuis six mois . Mais nous restons néanmoins mobilisés. »

Pour le projet de We Power, la demande de permis devrait être introduite assez rapidement: «On sait qu'environ trois cents personnes ont écrit à la Commune pour marquer leur opposition à cette implantation. C'est énorme… »

Reste le quatrième projet, celui d'Aspiravi: «Ici, la réunion (obligatoire) préalable à l'étude d'incidences n'a pas encore été convoquée, mais nous sommes certains que des propriétaires terriens ont été contactés afin de signer une convention. L'emplacement que nous indiquons sur notre carte n'est donc qu'une projection mais nous avons choisi de réagir très vite: on est au taquet! On sait aussi qu'il a une forte concurrence entre les promoteurs et que cette zone pourrait aussi servir un jour d'extension…»

Face à ces projets, les deux principaux motifs de contestation des «Non merci», à côté de beaucoup d’autres, sont la proximité des habitations et le souci sanitaire.