Du temps de l’institut Saint-Paul

Notre journal avait publié des articles sur cette belle histoire d’enfants juifs sous la plume d’Étienne Boussemart, dans les années 1990, et Daniel Marchant y consacre quelques pages dans son ouvrage.

François DESCY
Du temps de l’institut Saint-Paul
institut saint-paul ©ÉdA – 30521919608

Celui-ci est dédié à deux femmes qui, entre 1942 et 1944, firent plusieurs fois le trajet entre Charleroi et Melles, avec des enfants. Elles prenaient le train jusqu’à Tournai puis le tram jusqu’à Melles, où se trouvait l’institut Saint-Paul que dirigeaient des Salésiens. À l’époque, on appelait ça une œuvre pour enfants débiles, c’est-à-dire en mauvaise santé physique. Le bâtiment a été démoli en 1999, pour laisser la place à un lotissement. Avant sa destruction, le site hébergea un… élevage de faisans. Au début des années 1940, les familles juives étaient nombreuses à Charleroi. Inquiets pour leurs enfants, de nombreux pères rendirent visite à l’abbé Harmignies pour qu’il les cache. Sollicité par lui, le directeur de Saint-Paul fut d’abord réticent, vu le danger que cela représentait. Il finit par accepter. Anne-Marie Rouneau, qui lui succéda comme directrice, fut proclamée «Juste parmi les Nations» en 1995. Le titre est décerné par le Mémorial Yad Vashem à ceux qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs. À un moment, il y avait 80 enfants juifs à l’école de Melles, sur un total de 250. L’un d’eux a raconté à Daniel Marchant qu’ils ne pouvaient pas dire qu’ils étaient juifs. Ils se faisaient appeler par de faux noms. Les 80 enfants ont été tous sauvés mais tous n’ont pas revu leurs parents…