Les éoliennes sont trop bruyantes !

Un avertissement vient d’être adressé à Windvision, promoteur du parc de Tourpes-Thumaide, pour non-respect des conditions d’exploitation.

Pierre-Laurent Cuvelier
Les éoliennes sont trop bruyantes !
Comité de riverains parc Tourpes-Thumaide ©EdA

C’est une première victoire significative dans le combat que mène le comité de riverains pour défendre les intérêts de la population tourpière. Car si l’on a coutume d’entendre les citoyens se plaindre des nuisances générées par les éoliennes, leur ressenti n’est que très rarement authentifié par un document chargeant explicitement le promoteur.

La société privée Windvision, qui exploite depuis l'été 2013 le parc éolien de Tourpes-Thumaide (9), vient à cet effet de recevoir un sérieux rappel à l'ordre. Dans un procès-verbal adressé par la police de l'environnement, un avertissement lui a été signifié pour infraction relative au permis d'environnement. «C'est la preuve formelle que nous ne sommes pas des menteurs et que le bruit important que nous avons à subir au quotidien depuis la mise en service des machines, ce n'était pas du vent », assure Marc Dekeyser, l'un des habitants de ce paisible village leuzois.

Une intensité sonore doublée

Ce non-respect des conditions d’exploitation soulevé par le Service Public de Wallonie fait en réalité suite à un contrôle effectué sur le terrain fin février et qui découle quant à lui d’une série de plaintes émises par le collectif de citoyens tourpiers.

La seconde campagne de mesures, la première ayant été perturbée par des conditions climatiques trop venteuses, a ainsi permis le placement d’un mât à plus ou moins un km de l’éolienne la plus proche.

Se dressant dans un environnement dégagé à la rue R.F.A, le sonomètre a finalement révélé un dépassement des limites sonores légales, enregistrant ainsi des valeurs acoustiques de 42,4 Dba au lieu des 40 Dba autorisés en période de nuit. Et dire que certains noyaux d’habitats ne sont localisés qu’à 850 m des premières éoliennes, cela vous laisse imaginer le phénomène d’amplification.

«Cet écart relevé de 2,4 décibels sous un vent de 16 km/h peut sembler ridicule mais il faut savoir qu'en termes de mesures, une hausse de 3 Dba correspond à un doublement de l'intensité sonore», épingle Jean-Christophe Pierart, qui même en dormant avec les fenêtres fermées et des boules Quies dans les oreilles connaît des nuits bien agitées.

Une étude d’incidences sous-estimée

Comme le confirme d’ailleurs dans la conclusion de son rapport, l’inspecteur de la Région, M. Malingreau, le champ éolien de Tourpes-Thumaide a bel et bien un «impact conséquent sur le voisinage par rapport au bruit de fond initial». Le groupement de citoyens tourpiers ne dissimule à cet effet pas son amertume en jetant un œil sur les prévisions initiales de l’étude d’incidences.

À l'époque, le bureau d'études CSD Ingenieurs avait en effet déterminé un niveau sonore équivalent à 25,9 décibels. De quoi aujourd'hui faire grincer bien des dents! « Nous avons le sentiment d'avoir été trompés par le promoteur vis-à-vis de ces simulations théoriques sans éoliennes totalement sous-estimées. Imaginez-vous, par rapport à la situation antérieure, la puissance sonore est 40 fois supérieure depuis que les machines sont installées. C'est véritablement invivable. Sans compter qu'à l'image de ce fameux tic-tac d'une horloge dans une pièce calme, il n'y a rien pour couvrir le bruit lancinant des pales. L'été, on ne peut même plus profiter de son jardin », termine M. Pierart, un riverain de la rue de la Première Brigade.

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