Sa maison est un véritable musée

Dimanche, la deuxième Randonnée franco-belge des Quatre clubs se déroule à Estaimbourg. Jean-Bernard Delbar, 86 ans, sera de la partie.

Arnaud Smars

Il y a des gens comme ça qu’on pourrait écouter des heures quand ils évoquent leur passion. Jean-Bernard Delbar fait incontestablement partie de cette catégorie. Pénétrer dans le royaume de l’automobile avec le Mouscronnois équivaut à un voyage dans le temps, un bond de presque un siècle en arrière.

Sa passion pour la voiture, le Hurlu l'a quasi acquise dès le berceau: « En 1927, mes parents tenaient une boulangerie à Rekkem. Nous possédions un moteur pour faire tourner différentes machines. Un technicien passait régulièrement pour l'entretien. Un jour, il est venu en moto et n'a pu repartir… Pour cause, j'avais totalement démonté son engin… Je peux vous assurer que mon postérieur s'en souvient encore ».

Un peu plus tard, toujours gamin, Jean-Bernard parvient à démarrer une voiture: «Mon parrain possédait une Ford T et j'avais vu comment il la démarrait. J'étais haut comme trois pommes mais je me suis mis derrière le volant. Ne me demandez pas comment mais j'ai réussi à la démarrer. J'ai fini par me retrouver en haut d'un gros talus… Je pense qu'avec ses deux événements, j'étais déjà complètement plongé dans le bain».

Pendant la guerre 40-45, Jean-Bernard poursuit sa scolarité et n'a qu'une idée en tête… la mécanique: «Comme j'étais bon bilingue, je suis parti à Courtrai pour me spécialiser en technique automobile. C'était le top niveau».

Une vingtaine de tacots,ou plus ?

Grâce à sa carrière de garagiste (NDLR: il est le fondateur des garages Delbar à Mouscron), Jean-Bernard a pu se façonner une immense collection. Sa vaste demeure à la rue de Menin s'est alors transformée en un véritable musée: «J'ai toujours été un collectionneur invétéré. Je récupère tout ce qui touche à l'automobile mais aussi tout ce qui à trait au monde du cyclisme. Je dois posséder une vingtaine de véhicules» (NDLR: À la vue des différents garages, le nombre doit être plus important).

Et sa passion, notre homme continue à la vivre pleinement bien qu'il approche les nonante ans, à croire que l'automobile, cela conserve! Pour preuve, vendredi dernier, le Mouscronnois était parti en Allemagne: « J'ai été à ce que je considère comme la plus belle exposition de tacots au monde, à Hessen. Il doit y avoir une quinzaine de palais. Mais, à mon âge, c'est impossible de tout visiter sur une journée! Si j'en ai vu un quart, c'est beaucoup ».

Le plus important pour le «Hurlu» reste de pouvoir sortir ses voitures: « Je roule encore chaque semaine. Je serai notamment présent dimanche pour le rallye avec une " Cadillac Lasalle ", un vrai petit bijou. La seule contrainte subie avec l'âge est que j'ai dû poser des servodirections sur chaque voiture, l'équivalent de notre actuelle direction assistée. Tant que ma santé me le permettra, je continuerai à profiter de mes voitures, même si je ne peux plus tout réaliser comme avant », conclut notre sympathique interlocuteur.