Vent favorable pour les six éoliennes d’Esplechin

Le ministre Philippe Henry (Écolo) a octroyé le permis pour l’implantation du parc éolien de Windvision sur le territoire d’Esplechin.

Stéphane Diricq

Six nouveaux moulins à vent ont donc reçu le feu vert pour une production électrique alternative et ce, après bien des atermoiements.

Le parc éolien que Windvision (en association avec la société tournaisienne Ventis) va implanter le long de la route qui relie Esplechin et Lamain aura une capacité totale de 15MW.

Son permis est assorti d’une condition: ses promoteurs doivent intégrer 7,7 hectares comme mesures de compensation. Une surprise ? Pas vraiment…

Après avoir été recalé en raison d’une route d’accès jugée difficilement praticable par le charroi durant le chantier, c’est le Département de la Nature et des Forêts (DNF) qui avait renvoyé le dossier à la case départ, ayant remis un avis favorable mais toutefois conditionnel au dossier. La DNF réclamait le double de mesures de compensation agro-environnementales, le plan présenté étant jugé insuffisant, notamment pour l’avifaune. Quinze hectares de parcelles voisines au parc éolien (par exemple des champs laissés en jachère, des prés fleuris, des céréales que l’on laisse pourrir sur place pour nourrir les petits oiseaux,etc.) auraient été nécessaires pour satisfaire l’avifaune et les responsables du Département de la Nature et des Forêts.

Les fonctionnaires technique et délégué de Mons avaient suivi l’avis de la DNF: sans ces 15ha, point de salut…

Passer outre !

La société Windvision a alors fait le pari de présenter le dossier en l'état au ministre qui a en charge l'Environnement et l'Aménagement du territoire, en espérant qu'il s'en contenterait. Et de passer outre le refus de première instance décidé à Mons ; Windvision n'a pas voulu suivre la DNF dans sa logique « gourmande ». L'argumentaire développé faisait notamment référence aux exigences territoriales réclamées dans l'étude d'incidences environnementale qui jugeait les 7,7ha de compensation nécessaires mais suffisants.

Philippe Henry vient de trancher. Du côté de Windvision et de Ventis, on imagine que la nouvelle a été accueillie favorablement.

Ce n'est pas le cas à la ville de Tournai, la seule à avoir émis, en Belgique, un avis défavorable au parc éolien d'Esplechin. Selon Paul-Olivier Delannois, premier échevin PS, il estime dommage de n'avoir pas suivi la DNF dans ce dossier ; « Je regrette, dit-il encore parlant de l'éolien, le lobby qui règne dans ce monde-là. Nous étudierons la seule possibilité qui nous reste, à savoir un recours devant le Conseil d'État. Nous avons soixante jours pour l'introduire. »Côté français, les communes de Bachy, Bourghelles et de Camphin-en-Pévèle ne s'étaient pas prononcées non plus en faveur du parc éolien: c'est vers la Cour européenne de justice qu'elles pourraient se tourner. Sans avis contraire, les travaux débuteront fin de l'année pour une mise en exploitation en 2013.¦