Les syndicats ont investi l’espace public: bilan d’un jour de grève à Verviers (vidéo)

« On est au moins 1 000 », signale ce mercredi le secrétaire régional interprofessionnel de la FGTB sur le parvis de l’hôtel de ville de Verviers. Les syndicats souhaitaient de la visibilité et envoyer un signal fort.

Pierre LEJEUNE
 Les syndicats – majoritairement la FGTB – ont envahi l’espace public pour marteler leurs revendications.
Les syndicats – majoritairement la FGTB – ont envahi l’espace public pour marteler leurs revendications. ©ÉdA LABEYE Philippe

L’action était annoncée depuis des semaines, précisée dans notre édition du 5 novembre : la région verviétoise allait se mettre au diapason de la grève nationale de ce mercredi 9 novembre.

Quelques coups de klaxon aux abords des zonings: de nombreuses entreprises ont limité leur activité ce mercredi, du moins celles fort représentées syndicalement. Peu d’appels aux micros des supermarchés, eux aussi désertés… même si l’ampleur des fermetures fut moindre que redouté. Et au niveau des transports en commun, le mot paralysie résonnait dans les couloirs vides de la gare de Verviers ou dans les dépôts inanimés du TEC. Que de bruit, en revanche, en fin de matinée dans les rues verviétoises…

Les syndicats ont investi l’espace public: bilan d’un jour de grève à Verviers (vidéo)
©ÉdA LABEYE Philippe

"Je ne sais pas si on a déjà vu ça en 30 ans. Moi, je suis là depuis 2008 et je n’ai jamais vu autant de gens. Nous étions peut-être 400 pour la réforme des pensions, mais là on doit être au moins 1 000", chiffre Daniel Richard, secrétaire régional interprofessionnel pour la FGTB.

Les syndicats ont investi l’espace public: bilan d’un jour de grève à Verviers (vidéo)
©ÉdA LABEYE Philippe

Les syndicats ont envoyé "un gros signal, un vrai signal", reste "à voir ce qu’on va pouvoir en faire". "Entre les gens présents ici à Verviers, ceux qui forment les piquets ou encore la CSC, cela fait beaucoup de monde. On fera l’évaluation le 24 novembre dans les centrales et on verra ce qu’il en ressort. Cette mobilisation s’accompagne de la fermeture de nombreuses enseignes et nous avons également des indépendants qui, à Hodimont ou en Crapaurue, ont laissé les affiches et fermé leur volet à notre passage. Des citoyens nous ont aussi spontanément rejoints", précise Daniel Richard qui mentionne "le témoignage fort d’une formatrice à Lire et Écrire, qui s’occupe des plus pauvres alors qu’elle est en vraie difficulté".

Les syndicats ont investi l’espace public: bilan d’un jour de grève à Verviers (vidéo)
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La FGTB, qui craint un chantage entre l’enveloppe bien-être et l’évolution salariale, est "satisfaite" de la mobilisation de ce 9 novembre 2022. "Le message doit être entendu !, insiste Christian Jacquemin, président de la FGTB Verviers-Ostbelgien. La chose la plus radicale, c’est le blocage des prix. Mais on est loin du compte. On a aussi une fin de non-recevoir pour l’évolution salariale: c’est 0%, 0 € pour renégocier les salaires ces prochaines années. Certaines entreprises réalisent de gros bénéfices, c’est inacceptable. Le partage des richesses doit se faire car les primes ponctuelles ne sont pas des solutions."

Les syndicats ont investi l’espace public: bilan d’un jour de grève à Verviers (vidéo)
©ÉdA LABEYE Philippe

La CSC à Crescend’Eau

Si le cortège étiré entre la place Verte et la place du Marché était fourni, la mobilisation se marquait également sur le site de Crescend’Eau. La CSC y a installé ses quartiers… sans se faire déloger. Ou presque. "On a juste eu un petit problème avec la police fédérale devant l’entrée chez Fayen, sur le boulevard, relate Alain Bodson, permanent interprofessionnel pour la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien. Ils ont dit que nous étions agressifs et ont pris ma carte d’identité… Pour le reste, ça se passe bien et la grande majorité des gens comprend la situation. Tout le monde est confronté à la hausse des prix de l’énergie, aux coûts pour faire un plein d’essence. Des gens payent pour aller travailler, ce n’est plus tenable. Et les mesures du Gouvernement ne peuvent être appliquées en deux mois. C’est de l’amateurisme et les gens sont exaspérés."

 Alain Bodson et la CSC se sont installés sur le site commercial de Crescend’Eau, à Verviers.
Alain Bodson et la CSC se sont installés sur le site commercial de Crescend’Eau, à Verviers. ©ÉdA – Pierre LEJEUNE

La CSC recueille également de nombreux témoignages de citoyens pour qui "ce n’est plus vivable". "Il faut impérativement revoir la loi de 1996 sur la norme salariale. Elle est mal foutue depuis le départ, et on l’a aggravée sous le Gouvernement Michel. Il faut aussi un blocage des prix au niveau européen et cesser de coupler le prix du gaz à celui de l’électricité. Que le Gouvernement respecte ses engagements et les citoyens, car la situation est surréaliste. Et si les actions sont relativement calmes et symboliques aujourd’hui, j’entends beaucoup dire qu’ils veulent aller plus loin que ça", prévient Alain Bodson, craignant une amplification de la grogne populaire en l’absence de mesures fortes destinées aux citoyens les plus fragilisés.

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