Covid en région verviétoise: les dirigeants des hôpitaux de la région, entre souvenirs et avenir

Verviers, Heusy, Malmedy, Eupen. Nos représentants d’hôpitaux tirent le bilan de deux années Covid.

Sarah Rentmeister

"Dès les premières images en Italie, on se doutait que ça allait arriver ici, les tenues de sécurité impressionnantes lorsque les patients étaient véhiculés, les files et le son des sirènes d'ambulances encore et encore lors de la deuxième vague… C'était un dimanche, j'étais dans mon bureau et je me demandais où on allait pouvoir les mettre. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'est née l'idée de construire une unité auxiliaire d'hospitalisation pour augmenter nos capacités". Lorsque Stéphane Lefebvre, le directeur général du CHR Verviers, se replonge dans 24 mois de crise, ce sont les premières images qui lui viennent à l'esprit. "On était dans une tout autre dimension. On était pris de vitesse par quelque chose qu'on ne connaissait pas. On était face à de l'inédit et on vivait une sorte de sentiment de stupéfaction." S'il doit tirer un bilan de cette période, il souligne "l'épuisement du personnel dans son ensemble, soignant et de l'entretien sanitaire. Le bilan psychologique est assez lourd, il est lié au dévouement exceptionnel. On se souvient d'applaudissements mais aussi du débat sur la vaccination du personnel soignant, la grosse confrontation à la mort. Tout cela a créé beaucoup de dégâts sur le plan humain." Ces deux années n'ont pas eu que des côtés négatifs, affirme Stéphane Lefebvre qui pointe l'excellente "collaboration entre hôpitaux et réseaux. Nous n'avons jamais autant travaillé ensemble que pendant cette période". Par ailleurs, le CHR Verviers a su aussi "démontrer" sur le plan local "une formidable capacité de réaction. On a su faire face à une crise sans précédent, cela démontre la force de notre institution et de nos collaborateurs". Plus largement, le directeur insiste sur la nécessité de tirer des leçons de la crise "plutôt sur l'aspect gestion, dit-il. Ma plus grande crainte est qu'on ne dresse pas ce bilan. La lasagne institutionnelle en Belgique est toujours aussi dramatique. Tout a été et est excessivement complexe sur le plan de l'organisation. Il faut une simplification dans le processus décisionnel. Il a été dit que les choses changeraient mais jusqu'à présent, on n'a pas changé grand-chose". Du côté de l'institution verviétoise, on en tire en tout cas des enseignements, une prise de conscience des "limites de l'infrastructure". La volonté de construire un nouvel hôpital étant née "du bilan de la crise également".