Inondations: la parole des jeunes verviétois en vidéos

Sept jeunes Verviétois ont pu extérioriser leur traumatisme à travers des capsules vidéos baptisées "Après la pluie".

Sarah Rentmeister
Inondations: la parole des jeunes verviétois en vidéos
Sept jeunes racontent leurs versions des faits, leur quotidien et leurs perspectives dans cet environnement blessé. ©Bertrand vandeloise

Younes, Ilias, Khadija, Aubry, Célia, Rayan et Bévar sont autant de jeunes Verviétois touchés à des degrés divers par les inondations de juillet 2021. Dans quatre capsules vidéos postées depuis peu sur les réseaux sociaux, on les voit et on les entend raconter leur vécu, leurs sentiments, leurs craintes et leurs espoirs pour leur vie et leur ville. Une sorte de "catharsis de leur souffrance", indique Élodie Doppagne, du CAP (Centre d'Accompagnements et de Préventions) Verviers. À travers son service d'aide à la jeunesse, en collaboration avec deux ASBL bruxelloises (Commeunlundi et Gsara) et avec le soutien du Délégué général aux droits de l'enfant, il a été choisi de donner la parole aux jeunes pendant trois jours de tournage au cœur de la cité lainière sinistrée. "La ville est salle, crasseuse, elle pue", peut-on entendre, "Comment ça a pu arriver? Il ne faut pas que ça prenne trop de place dans ton esprit", "Avant la ville était belle, on attend qu'ils fassent les travaux", "Avant tout le monde était dehors et maintenant il n'y a plus de tournois". Les images, les sons, les réactions et les interrogations des jeunes sont bouleversantes dans ces vidéos baptisées "Après la pluie". "On n'est plus dans l'émotivité du moment, commente Pauline Bombaert, de l'ASBL Commeunlundi. Il y a ce recul par rapport aux événements et, des mois plus tard, on constate que c'est toujours la galère. Le traumatisme et les conséquences sont bien là et c'est beaucoup moins médiatisé. Les jeunes se retrouvent, pour beaucoup, sans activités. Elles ne sont pas encore remises en route ou les espaces sont totalement sinistrés."