Avant Visé – Liège, José Riga avait des choses à dire, Bernard Smeets aussi…

José Riga est à nouveau l’entraîneur de Visé. Une nouvelle tombée avant le choc de ce samedi, face au RFC Liège.

Ma. Fr.
 José Riga (à gauche) succède à son ex-adjoint Bernard Smeets.
José Riga (à gauche) succède à son ex-adjoint Bernard Smeets. ©Fred Moisse

Le président de Visé Guy Thiry, inquiet de voir son équipe s’éloigner de plus en plus du podium, s’est donc tourné vers son ami, José Riga, pour prendre la succession de Bernard Smeets et provoquer un électrochoc dans le vestiaire. C’est officiel depuis ce jeudi. "C’est peut-être la personne que je respecte le plus dans ce sport", confirme le "nouvel" entraîneur qui débute son mandat par un derby toujours très chaud face au RFC Liège (samedi, 15h).

Sa nomination comme coach

Les événements se sont rapidement enchaînés. Le départ de Bernard Smeets était tout juste entériné lorsque le président a contacté José Riga pour lui proposer le poste d’entraîneur. "J’étais un petit peu surpris. J’étais parti à l’étranger mais la situation là-bas était compliquée et je suis rentré plus vite que prévu. Ma première idée n’était pas de revenir à Visé mais je ne me voyais pas refuser d’aider ce club."

Depuis son retour en Belgique, José Riga avait déjà assisté à l’une ou l’autre rencontre des Visétois. Certains supporters avaient déjà fait courir le bruit d’un éventuel retour mais l’ancien technicien du Standard était, avant tout, présent pour supporter l’équipe de deux amis, Guy Thiry et Bernard Smeets. "J’ai encore bu un pot avec Bernard en début de semaine. Il ne m’avait pas fait part de sa situation au club, je n’étais au courant de rien. Tout s’est passé en parfaite correction, il n’y aura jamais de problème entre nous deux."

Si José Riga a accepté de signer son retour en bord de Meuse, c’est pour prêter main-forte à un ami. "Cela fait trente ans que nous nous connaissons avec le président. Nous nous étions dit que si l’un avait besoin de l’autre, il répondrait présent. Guy Thiry est une personne réfléchie et s’il a décidé de faire appel à moi, c’est qu’il estimait que j’étais la bonne personne pour mener à bien cette mission."

Ses ambitions avec Visé

Douzième, Visé pointe déjà à neuf longueurs de la troisième place occupée par le Patro Eisden. Un constat décevant pour un groupe de qualité, même si les recrues sont parfois arrivées tardivement et à court de forme. "Si ces joueurs ont des qualités, ils doivent mieux les montrer. Le premier objectif est de former une équipe dans laquelle chaque individualité pourra s’exprimer au mieux. Il faut construire un collectif où tout le monde a envie de bien faire les choses, pas seulement lors d’un match au sommet mais chaque week-end, explique José Riga. La régularité est avant tout une question de caractère."

Le nouvel entraîneur connaît l’objectif de son président. Pour autant, il n’a pas envie d’évoquer ce Top 3 trop rapidement. "Nous devons garder cette ambition dans un coin de la tête mais il faudra d’abord être performant lors du prochain match et avoir le sentiment de donner tout ce qu’on a dans le ventre. Pour le moment, le club ne répond pas aux attentes initiales, contrairement à un club comme le RFC Liège."

Le derby liégeois

Justement, ce sont les Sang et Marine qui se présenteront ce samedi au stade de l’Oie. Pour un baptême du feu, José Riga est servi. La saison dernière, cet adversaire lui avait souri avec deux succès à la clé (2-3 et 2-1). Bien entendu, un tel scénario serait parfait pour entamer son mandat… et revenir à sept points des Liégeois. "C’est toujours un match particulier, avec de la tension. Tout peut se passer. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour préparer cette rencontre, heureusement que je connaissais déjà les joueurs présents la saison dernière. La motivation sera bien présente mais cet enthousiasme ne doit pas nous faire perdre notre organisation."

Son avenir comme coach

À soixante-cinq ans, José Riga ne pense pas à la pension. "Je ne saurais pas rester sans rien faire", sourit-il. Ne lui demandez donc pas si cette mission sera sa dernière comme coach. C’est trop tôt pour y penser. Un raisonnement d’autant plus compréhensible que les clubs restent intéressés par son profil. Avant de signer à Visé, deux formations étrangères l’avaient sondé. "L’aspect familial intervient aussi, je pense que mon épouse commence à saturer", rigole-t-il.

Pour le plus grand bonheur de Visé, finalement.

Bernard Smeets: « J’ai prévenu des difficultés rencontrées »

Bernard Smeets s’est sacrifié, le cœur gros. Homme loyal, l’ancien T1 assume sa part d’erreurs. À l’URSLV d’en tirer les leçons.

Bernard Smeets est donc parti sur un coup de tonnerre, à quarante-huit heures d’un derby liégeois très attendu contre le RFC Liège. Ce n’est un secret pour personne, la situation du Dalhemois n’était déjà plus enviable cinq mois après son intronisation à la tête de l’URSLV. Dans l’esprit de l’ancien adjoint au long cours de José Riga, elle n’était carrément plus tenable.

Smeets a démissionné dans la foulée d’une (dernière) entrevue avec ses joueurs. Le cœur gros, presque déchiré. L’enfant du pays sait ce qu’il doit à Visé et à son président Thiry.

"J’ai expliqué les raisons de ma décision aux dirigeants. Je les ai prévenus des difficultés rencontrées", raconte-t-il brièvement. La passion d’un côté, la raison de l’autre. Un zeste de lucidité et un brin d’intelligence entre les deux. Bernard Smeets le savait mieux que quiconque: le championnat irrégulier des Oies était de nature à ramener les contrariétés à chaque coup d’arrêt.

Sur le plan de la comptabilité, le famélique 1 sur 12 enregistré contre les quatre équipes B de la série n’ont évidemment pas servi sa cause. "Ca fait vraiment tâche et je l’accepte, répond-il. Ajoutez cinq ou six points de plus engrangés contre ces adversaires-là et Visé serait en phase avec ses ambitions au classement."

Jugé sur l’autel des résultats, dans une course à la D1B difficilement contrôlable, celui qui en était à sa troisième expérience comme T1 après des passages au White Star et à l’Entente Blegnytoise il y a une petite dizaine d’années assume pleinement et humblement sa part d’erreurs.

"La seule vérité, c’est que nous sommes tous responsables", précise-t-il. "A refaire, je le refais ! J’ai une philosophie de partage. C’était ma façon de voir les choses avec les joueurs. Ce sont eux, sur le terrain, qui ont les réponses aux questions."

Une kyrielle de joueurs dans un noyau trop étoffé, finalement mal équilibré. Des égos qui s’entrechoquent. Les difficultés de gestion qui en découlent, dans un environnement où l’émotionnel a souvent son mot à dire. Essayer de tirer le meilleur avec du cœur et de l’énergie est une chose. Rester soi-même en est une autre.

Le match: Visé – Liège (samedi, 15h)

VISÉ: Omolo est suspendu

Pour son retour, José Riga pourra compter sur un noyau pratiquement au complet. Guillaume Dequaire est toujours sur la touche. Seule tuile, mais elle est de taille: la suspension de Johanna Omolo. Le médian a été exclu la semaine dernière suite à deux cartes jaunes.

Le noyau: Mignon, Cremer, Thomé, R. Wilmots, Bonemme, Hendrickx, Turco, Englebert, Quintais, Rherras, El Harrak, Eninful, Gerits, Essikal, M. Wilmots, N’Guessan, Legear, Perseo, Cascio, Gilon, Bangoura, Mboyo.

LIÉGE: deux suspendus dans les rangs liégeois

Pour ce court déplacement, Gaëtan Englebert devra se passer de Reuten (1/1) et Prudhomme (2/2), suspendus. Arslan, Lambot et Cavelier sont toujours sur la touche, alors que Besson, qui a repris les entraînements, demeure incertain.

En cas d’avertissement, Bruggeman, Nyssen, Van den Ackerveken et Deflandre (staff) manqueront le match face à Heist.

Le noyau: Debaty, Lejoly, Bustin, D’Ostilio, Van den Ackerveken, Nyssen, Massart, Vanoirbeck, Merlen, Bruggeman, Mouchamps, Besson (?), Mouhli, Gendebien, Panepinto, Loemba, Mputu, Perbet.