Un trafic de drogues bien huilé

Coupez une tête et vous verrez aussi vite d'autres faire surface. On avait les Harbasch (ah non ! le tribunal a dit que ce n'était pas un trafic), on avait Tony et ses sbires (ah non, Tony a dit qu'il n'avait rien d'un chef de réseau) et maintenant, on a Manuel Soussanne et sa petite entreprise. Une fois encore, le prévenu, un Verviétois de 22 ans venu en droite ligne de Bruxelles, s'insurge quand on le présente comme le dirigeant de l'organisation. Non, il bosse seul, il ne connaît personne. Sauf son voisin, Jean-Maurice Delvaux, un Verviétois de 39 ans, bien ancré dans la délinquance et essentiellement dans la toxicomanie.

Un trafic de drogues bien huilé
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Les témoignages sont édifiants. C'est Soussane qui, en Audi A3, se rend à Maastricht, deux à trois fois par jour, pour acheter tout ce qu'il peut. C'est lui qui fournit ses revendeurs, qui remplit les sacs. Il avait comme bras droit son cher voisin qui servait de releveur de comptes. Et ils devaient être justes car Soussane, ce petit caïd venu de la capitale, n'hésitait pas à terroriser ses vendeurs. Il les menaçait de leur couper les mains voire tirait en leur direction... avec un pistolet à plomb.

L'organisation s'était implantée sur une bonne partie de l'arrondissement avec des revendeurs à Spa, Eddy Legrandhenri (39 ans) bien connu aussi de la justice, mais aussi Stéphane Audin (20 ans), de Malmedy, condamné pour des faits de vol avec violence. Sans oublier les femmes. La compagne de Delvaux en première ligne.

Le juge Lebrun n'a pas cru en leurs balivernes. C'était un réseau avec Soussane comme dirigeant. Ce dernier écope de 30 mois de prison avec sursis pour ce qui excède la préventive. Delvaux écope de 2 ans ferme. Audin et Legranhenri sont respectivement condamnés à des peines de travail de 120 et 180 heures. Les deux femmes, ainsi qu'un Verviétois de 19 ans, écopent de 12 mois. Avec ou sans sursis probatoire.J.J.