Suspecté de maltraitances, il avoue tuer des chats

Le prévenu est suspecté d’avoir commis des violences et des humiliations graves sur des enfants.

Sarah Rasujew
Suspecté de maltraitances, il avoue tuer des chats
©RASUJEW

Le parquet a requis une peine de huit mois de prison avec sursis probatoire à l’encontre d’un habitant d’Olne âgé de 47 ans, qui a comparu devant le tribunal correctionnel de Liège pour répondre de faits de violences, des traitements inhumains et dégradants envers des enfants. Si l’homme a minimisé les faits de maltraitance sur les enfants, il a avoué avoir donné la mort à sept chats de manière particulièrement cruelle. Il aurait d’ailleurs mis à mort certains des animaux sous les yeux horrifiés des enfants. Ces derniers ont expliqué avoir gardé des souvenirs particulièrement traumatisants de leur vie avec le suspect.

L’intéressé est soupçonné de s’en être pris à ses beaux-enfants, mais aussi à sa fille. Des faits qu’il aurait commis entre 2011 et 2016. Les faits ont été dénoncés bien après que l’intéressé ne se soit séparé de sa compagne. Un de ses enfants a souffert d’une décompensation et c’est à cette occasion que son ex-beau-fils, alors âgé de 14 ans a expliqué que son beau-père lui avait fait subir des scènes de violence récurrentes et particulièrement graves. L’enfant a expliqué avoir reçu des coups dans le ventre et avoir, comme les autres enfants, été obligé d’embrasser la bague de son père. " Je lui ai juste mis une gifle parce qu’il avait essayé de mettre le feu à sa chambre", a indiqué le prévenu lors d’une précédente audience. "Il n’a pas été obligé d’embrasser ma bague. C’était un jeu. Sa mère rigolait aussi." Selon l’enfant, l’homme l’aurait obligé à manger de grosses quantités de viande en le traitant de gros et de bête.

Lorsqu’il ne parvenait pas à finir ses assiettes, il était soumis à des punitions. Son beau-père lui aurait notamment frappé la tête au mur. Il l’aurait insulté. L’enfant a expliqué avoir eu une fourchette plantée dans la main, mais aussi avoir subi des scènes d’humiliations. Il a expliqué avoir été obligé de se mettre en slip. Son beau-père lui aurait mis un lange sur la tête et l’a obligé à sortir dans cet accoutrement. Une scène qui a été filmée. L’homme a menacé l’enfant de diffuser cette scène sur Internet. "Je ne lui ai jamais mis de lange sur la tête" , a déclaré le prévenu. "Il faut lui demander pourquoi il ment" , a-t-il poursuivi. La sœur du garçon a expliqué avoir été saisie par les cheveux et avoir eu la tête tapée au mur. "Je l’ai plaquée contre le mur parce qu’elle avait un comportement d’adolescente insupportable. Elle était nonchalante. J’ai mal réagi."

La jeune fille a aussi expliqué que l’homme avait tenté de l’étrangler. Le troisième enfant a également dénoncé des scènes de coups. L’homme a admis avoir tué sept chats. Mais pour une raison inconnue, il n’est pas poursuivi pour ces faits de maltraitance animale. Il les aurait étranglés et frappés contre la table. "On vivait dans une petite maison avec beaucoup de chats. Ils pissaient et déféquaient partout. Je n’ai pas réussi à gérer" , a-t-il poursuivi avec un ton sans aucune émotion. Selon la fillette, l’homme qui habitait alors à Flémalle aurait tué le chat du voisin parce qu’il l’aurait trouvé "trop roux." Les enfants ont expliqué qu’ils avaient vu leur beau-père tuer un animal et qu’il était ensuite recouvert de sang…

L’avocat du prévenu a plaidé l’acquittement pour les traitements inhumains et dégradants. Il a plaidé une simple déclaration de culpabilité pour les coups en estimant que le délai raisonnable était dépassé ou une suspension du prononcé.