Patron d'une animalerie à Malmedy et éleveur, il s'indigne: "On est en train de tuer l’élevage canin et félin wallon !"

Un collectif d’acteurs wallons de l’animalerie et d’élevage canin et félin se fédère contre le permis de détention d’un animal qui arrive ce 1er juillet.

F.F.
 Jérôme Jennequin, administrateur délégué d’Entre Chiens et Chats.
Jérôme Jennequin, administrateur délégué d’Entre Chiens et Chats. ©Entre chiens et chats

À partir du 1er juillet 2022, un permis de détention sera nécessaire en Wallonie pour faire l’acquisition d’un animal. Tous les animaux de compagnie sont concernés: des chiens et chat, au poisson rouge, en passant par le hamster et les oiseaux. Pour le secteur de l’animalerie et de l’élevage canin et félin wallon, ce décret est discriminatif et aura de lourdes conséquences. "On est tout simplement en train de tuer l’élevage canin et félin wallon. Il n’est pas normal qu’un Wallon, pour acheter un animal, soit dans l’obligation de demander un document… qui de toute façon ne servira à rien! Si une famille doit abandonner un animal pour une raison ou l’autre (départ en vacances, maladie, etc.), elle gardera son permis et pourra donc adopter un nouvel animal" , soulève Jérôme Jennequin, patron d’Entre Chiens et Chats (avant les inondations à Ensival et installé depuis février 2022 à Malmedy) et éleveur de bouviers bernois et de golden retriever. "On est tout à fait pour le bien-être animal, il doit passer en premier. Mais il n’y a rien qui va l’améliorer ici, cela va juste créer un gros bordel au niveau du secteur de l’animalerie… avec le risque que des personnes perdent leur emploi si les ventes chutent!" , s’indigne-t-il, en ajoutant que cela ne résout en rien non plus les abus comme les élevages clandestins. Le professionnel précise qu’il n’est pas contre le fait de vérifier le statut des acheteurs, mais que dans le cas de ce permis, il n’a même pas le moyen de vérifier (avec une carte d’identité) que la personne qui lui présente le document est la bonne. Léonard Monami, président d’Andibel (qui regroupe les commerces d’animaux de compagnie), lance ainsi un appel pour créer un collectif "contre le permis de détention d’un animal". Il devrait prochainement intenter une action en justice contre ce décret " discriminant les professionnels wallons du monde animal".