Déclin commercial à Verviers: une claque pour les politiques?

Près de la moitié des cellules commerciales sont vides dans le centre-ville. Des chiffres aux antipodes des projets annoncés au fil des mandatures, supposés redynamiser Verviers...

S.RE.

Cécile Ozer (Les Engagés), 47% de surfaces commerciales inoccupées contre 34% un an plus tôt. Une claque pour vous, échevine du Commerce de la Ville de Verviers ?

Non, je ne le vis pas comme une claque. Ces chiffres ne représentent pas une surprise. On sait que la situation commerciale du centre-ville n’est pas géniale. Je ne me sens pas responsable, c’est le résultat des quinze dernières années. (NDLR: pour rappel, depuis quinze ans, à la fois le cdH (actuels Les Engagés), le PS, le MR et plus récemment – depuis les dernières élections Nouveau Verviers – ont été à la tête de Verviers). La situation n’est pas comme ça parce que depuis un an on gérerait mal les choses. C’est plutôt le résultat d’une succession de choses. Mais je dois, en tant qu’échevine, tout faire pour que les priorités de la majorité se concentrent sur le centre-ville.

Vous dites que « ces chiffres ne représentent pas une surprise ». Mais le déclin s’aggrave.

Il ne faut pas oublier qu’on a aussi les inondations qui sont passées par là après les deux années de Covid. Tout notre centre-ville a été ravagé. Cela a inévitablement laissé des traces et des conséquences avec des commerces qui n’ont pas rouvert. Mais aujourd’hui, on a une liste de commerçants qui espèrent rouvrir mais se heurtent toujours aux soucis d’assurance.

Verviers détient le triste record de Belgique des cellules commerciales vides, la faute à qui ou à quoi d’après vous ?

Il n’y a pas de secret. Le problème du centre commercial qui n’a jamais vu le jour a créé beaucoup d’incertitudes. C’est un des grands responsables. Des commerçants ont jeté l’éponge, les citoyens ne savaient plus ce qui allait se passer au centre-ville et même au niveau des autorités politiques, certains y ont cru puis plus cru et je pense que certaines choses n’ont pas été faites parce qu’il y allait avoir ce centre commercial.

Qu’allez-vous mettre en place pour espérer renverser la tendance ?

Je ne suis pas seule. Pour moi, le commerce seul ne suffit pas à relever le centre-ville. Cela doit passer par le logement, la culture, le service public qui ne doit pas s’échapper du centre-ville. C’est un travail collectif pour ramener de la vie en ville.

D’un point de vue purement commercial alors, qu’allez-vous mettre en place ?

Nous avons répondu à l’appel à projets « Objectif Proximité » de la Région wallonne pour l’obtention de prime à l’installation ou au développement d’activités commerciales. Cela peut être un nouvel incitant pour l’implantation de nouveaux commerces. On a restreint la zone à l’hyper-centre et on attend la réponse.

Est-ce vraiment suffisant ?

À côté de cela, un travail est mis en place par rapport aux cellules vides et logements vides au-dessus de celles-ci afin que la taxe soit appliquée, que les propriétaires fassent le nécessaire pour réactiver les choses, transformer les logements, louer les cellules.

Peut-on encore espérer un avenir pour le centre-ville de Verviers ?

Moi j’y crois. Les travaux Verviers, ville conviviale se terminent. Au niveau espaces publics, on arrive au bout d’une longe période de travaux qui n’a pas aidé. Et à côté de cela, il y a la reprise du stationnement par la Ville à partir du mois d’août qui permettra de mettre en place une politique facilitant mobilité et stationnement. Et puis, il y a aussi ces nombreux commerçants qui se battent chaque jour pour leur commerce avec plein de dynamique et d’idées créatives, il faut le souligner. Aujourd’hui, tout le monde doit penser centre-ville de Verviers à travers les politiques menées. C’est le plus gros challenge de l’ensemble des politiques. On doit mettre toute notre énergie à le relever.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...