Gazé parce qu’il demande à une dame son chemin pour rentrer à Verviers !

L’agresseur a estimé que la victime n’avait pas le droit de venir les importuner.

Sarah Rasujew
 La victime a réellement craint pour son intégrité physique.
La victime a réellement craint pour son intégrité physique. ©Photo prétexte Paty Wingrove – Fotolia 

Le parquet a requis deux peines pour un total de onze mois de prison devant le tribunal correctionnel de Liège à l’encontre de Roma, 34 ans, un homme qui n’a pas hésité à gazer une personne qui avait osé demander son chemin à la dame qui l’accompagnait !

Certains n’hésitent pas à rendre les rues de la cité ardente particulièrement peu rassurantes. C’est le cas de Roma qui n’a pas hésité à s’en prendre physiquement à un homme pour une raison qu’il estime légitime, mais qui paraît, pour une personne extérieure, particulièrement futile voire incompréhensible…

Le 7 novembre dernier, Roma se trouvait à l’intérieur de la gare des Guillemins à Liège. Il était en compagnie de plusieurs personnes dont des dames. C’est alors qu’un homme s’est approché du groupe. La suite dépasse l’entendement. "Je suis allé à Liège pour l’anniversaire d’un ami", a expliqué la victime devant le tribunal. "J’ai perdu mes amis de vue. J’ai rencontré d’autres amis et on est allé boire des verres dans le carré. Mes amis m’ont déposé à la gare des Guillemins. Je devais retourner à Verviers." L’homme a donc posé une question à une accompagnante de Roma. Ce dernier n’a visiblement pas apprécié. "Il m’a dit de dégager."

Le juge a questionné la victime car le prévenu a demandé à être assisté d’une interprète lors de son passage devant le tribunal. "Il parlait français ce jour-là. Il m’a dit de le suivre. Je me suis retourné. Il m’a gazé alors que je ne m’y attendais pas du tout ! J’ai pris la fuite, je ne voyais plus rien. J’ai été traumatisé. Quand on est flashé, on ne sait pas ce qui peut arriver. J’ai eu peur de recevoir des coups ou des coups de couteau !"

Il justifie l’agression…

Roma n’avait pas du tout la même vision des choses que la victime. Il n’a pas du tout remis son comportement en question… "Il est allé voir les filles qui nous accompagnaient", a-t-il tenté de justifier. "Il a dit qu’il était policier. On s’est douté qu’il ne l’était pas. Il est revenu. Il a mis les mains derrière le dos. Il parlait beaucoup. Il semblait ivre. Je lui ai dit de sortir parce qu’il ne nous a pas respectés. Je lui ai lancé du spray dans les yeux et c’est tout. Il n’avait pas le droit de venir nous importuner. On était tranquillement assis. Il nous a agressés, ce n’est pas nous. C’était par coïncidence que je l’ai gazé. L’état dans lequel il était est indescriptible."

Le juge lui a alors fait remarquer qu’il avait lui-même déclaré aux policiers qu’il était dépendant à l’alcool… "Je suis alcoolique, mais je n’avais pas trop bu." L’avocat de la défense a plaidé la clémence. Le tribunal rendra sa décision dans le courant du mois de janvier.

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