Meurtre de Gaetano Sedici: Les juges d’instruction évoquent un travail d’enquête long et fastidieux

Quatre juges d’instruction ont travaillé sur le dossier lors de l’enquête. Ils ont témoigné mardi après-midi devant la cour d’assises.

Belga
Meurtre de Gaetano Sedici: Les juges d’instruction évoquent un travail d’enquête long et fastidieux
©Romain RIXHON 

L’enquête relative aux faits reprochés aux trois accusés qui comparaissent devant la cour d’assises de Liège a été particulièrement longue et fastidieuse, ont indiqué mardi les quatre juges d’instruction intervenus dans le dossier. Cette enquête a notamment été polluée par différents témoignages.

Lamine Fofana (25 ans) est accusé de l’assassinat de Gaetano Sedici et de deux tentatives d’assassinats commises sur Ilyas Addarsi et Sohayb Chouaa. Les frères Mohamed et Imad M. comparaissent aussi comme accusés après avoir commis des faits moins graves le même jour.

Les faits s’étaient déroulés le 11 mai 2018 à Verviers. Gaetano Sedici avait été tué d’un coup de couteau planté dans le cœur alors qu’il tentait d’intervenir pacifiquement dans une bagarre. Ilyas Addarsi (31 ans) et Sohayb Chouaa (30 ans) avaient également été touchés de coups de couteau lors de cette scène.

Quatre juges d’instruction ont travaillé sur l’ensemble du dossier lors de l’enquête. Selon le juge Kerkhofs, l’affaire était extrêmement confuse dès le départ. Une rixe entre plusieurs personnes était évoquée, entraînant les arrestations de quatre Ivoiriens tenus pour responsables de la scène. Mais un seul d’entre eux, Lamine Fofana, a été inculpé. Les autres ont été libérés, faute d’indices. "Je suis très mal à l’aise par rapport au dossier présenté et par rapport au réquisitoire du parquet", a indiqué le juge d’instruction.

"L’autopsie réalisée sur Gaetano Sedici a mis en évidence une plaie profonde avec une pénétration de 17 centimètres qui a touché le cœur et a entraîné le décès", a indiqué le juge d’instruction Dogné. Le juge a précisé que Lamine Fofana a reconnu avoir pris des couteaux pour faire de grands gestes afin d’écarter les gens et venir en aide à un des protagonistes de la bagarre. Les frères Mohamed et Imad M. ont été décrits par les témoins comme des gens énervés, agressifs, violents et porteurs d’armes.

Le juge Dogné a aussi précisé que le travail d’enquête a été fastidieux et long. Certains témoins convoqués ne sont pas venus procéder à leur audition, d’autres ont été peu collaborant et certains ont volontairement occulté des faits. De nombreux témoignages se sont avérés peu pertinents, pollués par différentes versions, orientés ou même fantaisistes.

Le juge d’instruction Louis, chargée de la mise en place de la reconstitution des faits, a exposé que la reconstitution des faits n’a pu avoir lieu dans le quartier du Pré-Javais à Verviers, en raison de caractère sensible de cet endroit. Une reconstitution à cet endroit risquait de déclencher de nouveaux événements problématiques.

Cette reconstitution a finalement été organisée dans un hangar de la police. Certains témoins et les deux victimes plus légèrement touchées ne se sont pas présentés pour y participer. Les opérations ont été menées dans un climat particulièrement tendu.

Le juge d’instruction Brull a procédé aux derniers devoirs de procédure dès 2020, juste avant le renvoi du dossier devant la cour d’assises.

Au matin de la seconde journée de procès, un des accusés était absent. Il s’agit d’Imad M., qui comparaît libre au cours du procès, retenu par ses obligations professionnelles. Cet accusé ne présente pas d’antécédent judiciaire et répond de faits qui auraient pu être examinés par un tribunal correctionnel. La cour a constaté qu’il peut s’absenter au cours de certaines audiences à la condition qu’il soit représenté par ses avocats.

Un expert en toxicologie et les premiers enquêteurs seront entendus mercredi.

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