Trop de ratons laveurs à Pepinster? « Des dégâts dans les jardins ou des nuisances avec les autres animaux »

La présence de nombreux ratons laveurs est rapportée à Pepinster. Si leur apparence peut être séduisante, cette espèce est considérée en Wallonie comme invasive.

France Fouarge
 La population de ratons laveurs en Wallonie est estimée entre 50000 et 75000 individus.
La population de ratons laveurs en Wallonie est estimée entre 50000 et 75000 individus. ©Marlene Greene – stock.adobe.com

Certains habitants de Pepinster reçoivent de curieuses visites dernièrement… Sur des images partagées sur les réseaux sociaux, on peut voir des ratons laveurs très proches des habitations, voire carrément à l’intérieur, à la recherche de nourriture. Si ce n’est pas la première fois que ces mammifères omnivores pointent le bout de leur nez le long de la Vesdre et de la Hoëgne, leur présence se serait accrue depuis les inondations de juillet dernier. « Les cours d’eau ont été modifiés, et depuis lors cela bouge beaucoupdedans: ratons laveurs, mais aussi castors et rats viennent s’installer… Cela cause des dégâts dans les jardins ou des nuisances avec les autres animaux domestiques » , rapporte Doris Quadflieg, échevine de l’Environnement, qui s’apprête à faire remonter le problème au Contrat de rivière Vesdre. Ce dernier indique avoir déjà été contacté par la Commune de Trooz à ce sujet. Selon Vinciane Schockert, zoologue au Demna (Département d’étude du milieu naturel et agricole du SPW), c’est la période printanière qui explique qu’on les voit beaucoup. « Les mères se déplacent actuellement avec leurs petits. Les femelles d’une même famille peuvent se regrouper ensemble avec tous leurs jeunes, ce qui donne parfois vingt individus d’un coup. » Elle rappelle également que l’on va être obligé de vivre avec cette espèce, présente de façon anecdotique en Wallonie depuis plus de 30 ans mais dont la démographe s’accroît fortement depuis une quinzaine d’années. Aujourd’hui, en Wallonie, on estime entre 50000 à 75000 le nombre d’individus, localisés principalement dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. « Même s’il a moins d’observations du côté liégeois, il y a bien une population wallonne, qui plus est achalandée par des individus provenant d’Allemagne » . Pour éviter certains désagréments liés à ce nouveau mammifère, quelques consignes doivent être respectées (lire ci-dessous). Il est également question de limiter l’impact des ratons laveurs sur la biodiversité. « Globalement les études de régimes alimentaires ne sont pas très alarmantes car il ne comprend qu’un pour cent de mammifère et d’oiseaux. Il mange plus des invertébrés, des escargots, des limaces, des écrevisses, assez nombreux dans l’environnement. » Dès dispositifs anti-nuisibles (« Stop minou »,…) sont dès lors installés et des captures organisées pour préserver certaines zones wallonnes riches en biodiversité. C’est le cas du Plateau des Hautes Fagnes avec les tétras-lyres.