Harcèlements, coups, menaces de mort, incendies volontaires: il n’a pas supporté qu’on le prive de ses deux enfants

Harcèlements, coups, menaces de mort, incendies volontaires. Le prévenu ne pouvait supporter qu’on le prive de ses deux enfants.

Catherine Dethine
 Le prévenu nie les incendies. Mais des SMS annonçaient une intention dans ce sens.
Le prévenu nie les incendies. Mais des SMS annonçaient une intention dans ce sens. ©Bittner KAUFBILD. de – stock.adob 

D’un côté, plus d’une dizaine de personnes reprises au rôle comme partie civile, en grande majorité de la même famille. De l’autre: un homme (né en 92) qui, à l’époque des faits, habitait avec sa compagne et leurs enfants, du côté de Viroinval. Un couple décrit par le Ministère public comme " chaotique". Malgré quelques années de vie commune, il connaît des tensions en 2020. Motif: la compagne du prévenu ne veut pas qu’il reconnaisse leur 2eenfant.

Bref, un cocktail explosif pour une personne décrite comme"incapable de contrôler ses frustrations". Comme le souligne le Ministère public: tout est prétexte au prévenu pour déverser sa haine sur son ex et sa belle-famille. Pour preuves, le nombre de préventions retenues à son encontre.

Le 10 février 2020, alors qu’il vient de récupérer son fils aîné sur un parking à Bouge, il appelle son ex et faire croire à un accident ayant blessé son fils. Aussi, il la menace par tous les canaux de communication envisageables et ce, entre 2020 et 2021. Ainsi, en un seul jour, la compagne va recevoir pas moins de 120 SMS et 14 interventions sur Messenger dont certaines sont des menaces de mort explicites. Néanmoins, la tension monte d’un cran le 12 août 2021, dans un camping de Chimay, quand la caravane du frère de sa compagne est complètement détruite par un incendie. Le véhicule du prévenu aurait été aperçu à proximité vers 4h30 du matin, heure estimative du démarrage de l’incendie.

Trois ans requis

Le 28 du même mois, c’est au tour du mobile-home de la compagne de son ex-beau-frère de flamber à Ramillies. Une habitation qui se trouvait à moins de deux mètres d’une maison occupée.

Ces deux incendies, le prévenu les conteste depuis le début. Le Parquet requiert trois ans de prison pour un homme qui " depuis deux ans fait vivre un véritable enfer à son ex et sa famille".

Du côté de la défense, il est clair que les messages de son client, annonçant (entre autres) son intention de bouter le feu, sont interpellants. Néanmoins, on ne peut condamner sur base de SMS. Par ailleurs, pour ce qui est des incendies, il semblerait qu’on voudrait lui faire porter le chapeau alors que, pour la caravane située à Chimay, des bruits de fraude à l’assurance allaient bon train. Quant au second incendie, aucun devoir d’enquête n’aurait été diligenté. Le passé de son client ne plaide guère en sa faveur. Il a déjà 20 condamnations dont 16 de roulage."Il doit avoir une peine mais avec sursis probatoire".Le prévenu a un contact pour un suivi psychologique dès qu’il n’aura plus de bracelet électronique. Il est d’accord de se soumettre à une formation de type Praxis (violence conjugale et intrafamiliale). Jugement le 24 août.