Un prédateur pour jeunes gens

Une de ses victimes s’est constituée partie civile. Elle n’était pas en mesure de consentir et obtient 5 000€ de dommage.

C.DET.

Les faits se sont déroulés entre janvier 2015 et mars 2016, du côté de Viroinval. À cette époque, le prévenu aurait entretenu, à plusieurs reprises, des relations sexuelles avec un jeune de 25 ans, souffrant d'un handicap mental. Le tribunal a condamné le prévenu à 3 ans de prison, assortis d'un sursis probatoire durant 5 ans. Lors de l'instruction d'audience, le prévenu a reconnu une fellation " entre adultes". Pour lui, ce jeune homme qu'il connaît bien " était simple mais savait se débrouiller". De là à consentir. Et c'est autour de ce point que l'essentiel des débats s'est articulé. Me Delhez, avocat de la victime, a décrit le prévenu (aujourd'hui âgé de 74 ans) comme un " prédateur sexuel". Il avait pour habitude de fréquenter un café de jeunes. La personne déficiente mentale ne serait pas sa seule victime. Le prévenu fonctionnait toujours de la même manière. Il appelait le jeune pour qu'il le rejoigne chez lui. Mais la méthode n'a pas toujours fonctionné. " Alors, comme la partie civile, il se tourne vers des proies plus faciles. Avec son retard mental, mon client est influençable et devient la victime toute désignée." Un client dont l'âge mental est celui d'un enfant. Pour sa part, le parquet a souligné la constance des propos de la victime durant les auditions audiofilmées: " Il fallait monter dans sa chambre. Il me déshabillait. Il me touchait. Il y avait pénétration anale (NDLR ce que le prévenu a toujours contesté). Il m'envoyait des SMS et venait me chercher." Le jeune adulte n'avait pas la capacité de consentir. Quatre ans ont été requis, éventuellement assorti d'un sursis partiel. Du côté de la défense, on a mis en exergue diverses opérations subies qui auraient rendu le prévenu impuissant. Par ailleurs, contrairement aux propos tenus par la partie civile, la défense a toujours estimé que la victime avait la capacité à consentir. Une affirmation qui n'a pas été appuyée par le tribunal. La prévention de viol est donc établie.