Des statues thudiniennes restaurées avant d’être exposées à Namur

Du patrimoine religieux du XVIe siècle venant de Thuin sera bientôt exposé au Tre-Ma, le musée des arts anciens de Namur où se tiendra une exposition dès avril 2023

Jacques De Mol

Sept statues en bois faisant partie du patrimoine religieux thudinien intéressent le Tre-Ma, le musée des Arts Anciens de la Ville de Namur. Celui-ci prépare une exposition qui se tiendra du 8 avril au 9 juillet 2023 pour une mise en valeur des sculptures des dernières décennies du XVIe siècle.

Le Maniérisme est un courant qui doit son origine à l’appellation maniera moderna propre à Giorgio Vasari lorsqu’il désignait la production artistique à partir de l’avènement de Michel-Ange Les productions de Cornelis Floris (Anvers), Lambert Lombard (Liège) ou, encore, Jacques Du Broeucq (Mons) sont réputées appartenir à ce courant artistique. Le Musée des Arts anciens de Namur entend mettre en lumière une production artistique quelque peu oubliée mais néanmoins présente dans bon nombre d’églises de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

 Avant le transport, des facings ont été posés pour protéger les statues
Avant le transport, des facings ont été posés pour protéger les statues ©EdA

Le Thudinien Pierre-Jean Foulon connaît bien le sujet. Licencié en histoire de l’art, il avait réalisé son mémoire de fin d’études sur le calvaire du Bois du Grand Bon Dieu de Thuin, où étaient à l’origine ces statues. Selon lui, celles-ci s’inscrivent pleinement dans ce courant de l’art populaire de l’époque: "On est bien dans le courant maniériste de la renaissance qui apparaît au milieu du XVIe", note l’artiste Thudinien. Ces sculptures présentent des visages et des plis morphologiques pouvant être assimilé au style du maître de l’époque. "Duboeucq ayant réalisé la plupart de ses œuvres dans le milieu du XVIe, il est vraisemblable que le sculpteur thudinien a sculpté les siennes dans la seconde moitié de ce siècle voir vers la fin", écrivait Foulon dans son mémoire.

Plus de trois siècles plus tard, ces statues ressortent donc de l’oubli, et si l’on ne connaît rien de leur auteur, cette exposition à Namur va rendre hommage à ce sculpteur de talent et indirectement mettre en lumière la richesse du patrimoine religieux quelque peu oublié.

Car si le Bois du Grand Bon Dieu est un site exceptionnel connu des promeneurs, des botanistes et de l’art nouveau, il fut aussi un lieu de culte très fréquenté par les Thudiniens de l’époque qui fréquentaient "la grande chapelle".

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...