Thuin : a-t-il volontairement foncé en voiture sur son rival ?

Anthony nie avoir volontairement foncé sur Eddy, le 22 mai 2017, à Thuin. La victime a subi une incapacité de travail de plus de quatre mois.

L.C.

Les deux hommes, qui ne se connaissent pas, se croisent sur une route dégradée à Thuin, le 22 mai 2017. Anthony est au volant de sa Ford Fiesta, en compagnie de sa compagne. Eddy, lui, est au volant d’une camionnette avec un collègue de travail. Perdu, Anthony cherche son chemin et roule à faible allure.

La suite, ce sont deux versions qui s'opposent. Anthony, à qui le parquet reproche une scène de coups et blessures volontaires, avec la circonstance aggravante que cette dernière a provoqué une incapacité de travail de plus de quatre mois à Eddy, jure avoir été victime du comportement agressif d'Eddy. "Il m'a collé et fait des appels de phare. Ensuite, il m'a doublé et s'est mis en travers de la route pour me stopper. Il est sorti de sa voiture et a voulu que je descende. Ce que je n'ai pas fait", explique le jeune homme.

Une manœuvre volontaire

Selon les explications fournies par le prévenu, Eddy aurait ensuite couru vers le véhicule et donné un coup de pied dans le pare-brise, en sautant sur le capot, alors qu'Anthony souhaitait quitter les lieux. Mais de l'autre côté, le son de cloche est différent. "La victime tient une version confirmée par son passager et par la compagne du prévenu. Ce dernier a effectué une marche arrière vers la victime, qui a évité la voiture. Il est reparti en avant pour arriver vers la victime, qui a été contrainte de sauter pour éviter la voiture avant d'être touchée aux jambes", précise le parquet.

La substitute Marr confirme également qu’Eddy a, semble-t-il, chauffé Anthony en lui faisant une remarque avant d’être percuté par la voiture. La peine minimale pour ce type de faits avec la circonstance aggravante, 2 ans, est requise, sans s’opposer à un sursis probatoire.

Me Discepoli, conseil du prévenu, plaide un acquittement au bénéfice du doute. Le pénaliste confirme que son client n’a pas commis la moindre faute et qu’il existe un doute sur le fait qu’Anthony ait délibérément foncé vers Eddy. Jugement le 17 février.