Un supermarché bio à Gozée

L’offre de produits bio s’étoffe à Gozée, où un franchisé de la chaîne de supermarchés Färm s’est implanté début septembre.

Nathalie Bruyr

Avec ce 17e point de vente, la coopérative de produits bio continue son expansion pour toucher une autre clientèle que celle de Bruxelles. À sa tête, Alexandre Charlier, 25 ans et un diplôme… d'e-business en poche. «Mes stages m'ont vite fait comprendre que le travail derrière un écran n'était pas pour moi, je préfère le contact, que ce soit avec la clientèle, les fournisseurs ou dans la gestion des employés» dit-il. Avec son parrain Alexander qui l'épaule au quotidien, ils sont 7 à travailler dans la nouvelle surface commerciale de la rue de Marchienne à Gozée. Un site choisi après quelques semaines de prospection, «un peu par hasard aussi, c'est en passant par là que j'ai vu le magasin Brantano vide. » Le jeune entrepreneur se rend compte qu'il est là sur le territoire d'une entité qui a fait du durable le socle de sa gestion communale. «On entrait parfaitement dans le cadre d'Imagine Thuin et on a été bien accueilli par la Commune». Soucieux de ne pas empiéter sur les commerces existants, il s'informe, rencontre et se conforte dans son idée. « On n'est pas en concurrence avec des ventes à la ferme, au contraire, nous sommes complémentaires. Par exemple, la ferme de Maustichi vend 200 caisses de tomates en saison, les clients aiment aller chez leur producteur. Et puis, on travaille de plus en plus avec des producteurs locaux, c'est le but, rapprocher le client du produit». On retrouve ainsi dans les rayons les œufs de la ferme Longprez de Walcourt, des produits laitiers de celle de La Plagne à Grandrieu ou encore le chocolat en vrac de Couleur Chocolat et le miel de Macrobapt à Walcourt. « On a tous les produits de consommation alimentaire ou non alimentaire, mais on mise beaucoup sur la variété proposée en vrac, mis en avant à l'entrée du magasin ». Quant aux grandes surfaces classiques, « c'est clair qu'on espère capter de cette clientèle pour engager une transition dans la façon d'acheter, vers plus de durable, de bio et d'équitable». Raison pour laquelle chaque produit intégré dans l'offre est analysé et doit correspondre aux chartes de l'entreprise. «Par exemple, on peut avoir des produits de l'étranger, mais dans le respect de nos valeurs. Ainsi, en hiver, une tomate bio cultivée en Espagne consomme moins de CO qu'une belge cultivée sous serre chauffée.» Particularité du commerce, un important effort d'explication est réalisé dans les allées du magasin, histoire que le consommateur prenne conscience de ce qu'il achète. «Il n'y a pas que le prix ou la qualité, il y a aussi ces valeurs d'échange et de respect que nous voulons promouvoir » conclut Alexandre Charlier.