Paul Desorbait avait vaincu la peste

Paul Desorbait, enfant de Montbliart, fut le protégé de l'impératrice Eléonore. Il parvint également à vaincre la peste, à Vienne.

Charles CLOCHERIEUX
Paul Desorbait avait vaincu la peste
11999112 ©© EdA

Avec moins de 400 habitants, le village de Montbliart se découvre, à la corne du cimetière, en venant de Rance. Il a une histoire : celle de celui qui y est né, a réussi à vaincre la peste, à Vienne, et devenir le protégé de l'impératrice Eléonore. Paul Desorbait, né en ce lieu en 1624, est décédé, en 1691, à Vienne.

Doué pour la musique, il abandonne vite le métier de fandeur qu'il exerçait avec son père. À 15 ans, il quitte la maison paternelle, le violon sous le bras et donne des concerts dans les environs.

Plus tard, engagé comme professeur de musique au collège de Thuin, il décide de suivre un aide médecin. Il gagne Paderborn, où il étudie l'anatomie à l'Université de Padoue. Il reçoit le titre de docteur en philosophie et médecine et exerce alors à Cologne, Arnhem et Rome, avant d'arriver à Vienne où il ne tarde pas à se distinguer, non seulement en tant que médecin personnel de l'impératrice Eléonore, veuve de Ferdinand III - il la soigna et la guérit d'un épanchement de lait au sein - mais surtout comme celui qui réussit à juguler la peste qui sévissait, à cette époque, à Vienne.

Il meurt le 29 août 1691, à la suite d'une rupture d'anévrisme et est inhumé, sous un arbre, en face du choeur de la cathédrale de Vienne.

En 1966, Montbliart lui a rendu hommage.

À Vienne, on peut lire sur son monument funéraire, cette inscription en latin :Paul Desorbait, né en Belgique et mort ici, musicien, orateur, médecin, soldat, néant.

Je fus musicien pour garder la bonne mesure dans la vie.

Philosophe pour dédaigner la vie.

Soldat pour supporter les choses pénibles.

Médecin pour me consumer au service des autres.

Professeur pour me sacrifier à faire avancer les autres.

Recteur magnifique pour défendre les privilèges.

Conseiller aulique pour apprendre à servir les autres et moi-même.

Et cependant une mort amère m'a enlevé, sourde aux accents du musicien, à la persuasion de l'orateur, à l'opiniâtreté du soldat, aux leçons du professeur, aux remèdes du médecin, aux dépenses du recteur, aux mortifications du conseil aulique. Et maintenant pauvre créature, semblable au néant, je vous demande de prier pour moi.