Philippeville: des menaces et de la violence à cause d'une rayure sur sa BMW

Un homme réclamait un dédommagement de 6 000€ à celui qu’il suspectait d’avoir griffé sa voiture.

S.M.
 Pour régler ses comptes, il a brisé deux fenêtres, a porté un coup au visage de la victime et l’a menacée.
Pour régler ses comptes, il a brisé deux fenêtres, a porté un coup au visage de la victime et l’a menacée. ©ÉdA – Jacques Duchateau

Deux individus ont commis une tentative d’extorsion le 25 novembre 2021 à Philippeville. Avec violence et menace, de nuit, en exhibant une arme et en utilisant un véhicule pour prendre la fuite. L’un d’eux est poursuivi comme auteur principal, le second comme coauteur. À l’origine des faits: une rayure sur la BMW du premier cité.

Ce dernier venait de reprendre contact avec son ex-compagne, qui a profité de l’occasion pour lui dire qu’elle était harcelée par un autre homme avec qui elle venait d’avoir une relation. “Il rodait devant chez elle, la poursuivait en voiture, etc. Mon client a dormi une nuit chez elle. Le lendemain, il a constaté une rayure sur tout un flanc de sa BMW”, explique son avocat.

Fou amoureux de sa voiture, l’homme a vu rouge. Persuadé que l’auteur des faits était le harceleur présumé, il s’est rendu chez lui le 25 novembre 2021, vers 20h, accompagné d’un ami (son ancien compagnon de cellule), pour réclamer des réparations chiffrées à 6 000€. “Je voulais lui faire peur avec une arme factice”, reconnaît l’intéressé. Mais sur place, la situation a dégénéré. “J’ai frappé dans la porte (NDLR: en brisant deux fenêtres au passage) et je suis entré dans la maison. Je lui ai mis un coup de revolver à billes au visage. Il est tombé au sol. Je lui ai demandé un dédommagement pour mon véhicule et j’ai laissé mes coordonnées”, ajoute-t-il.

“La fille de 15 ans de la victime était présente. Quand elle a entendu qu’on cassait les carreaux, elle s’est enfermée dans sa chambre. Lorsque la victime était au sol, il a tiré la glissière de son arme et l’a pointée vers ses jambes”, précise le parquet de Namur qui requiert trois ans avec sursis probatoire.

“Il n’imaginait pas une expédition punitive »

Le second prévenu attendait dehors dans sa voiture. Le parquet de Namur estime qu’il est coauteur des faits et demande un an de prison avec sursis à son encontre. “Il a apporté une aide en conduisant le véhicule, et n’a pas appelé les secours non plus.” Au contraire, son conseil affirme qu’à aucun moment, il ne savait ce qui allait se passer. “Il n’imaginait pas une expédition punitive. L’arme, il l’a vu la prendre sous le siège passager au moment où il est sorti. Tout a été très vite. Après les faits, il a fallu 10 minutes pour que le principal intéressé, tout chamboulé, explique ce qu’il avait fait.” “Je l’ai accompagné au cas où cela s’envenimait mais je n’ai pas eu le temps d’intervenir”, ajoute le coauteur présumé devant le tribunal devant le tribunal.

Dans les jours qui ont suivi, le prévenu principal a encore menacé la victime par courriel. “J’espère que tu n’as pas appelé la police. Maintenant, tu vas assumer. Téléphone-moi et tout ira bien”, a-t-il notamment écrit.

Interpellé, l’individu d’apparence très calme et posé a effectué cinq mois de détention préventive. “Ces faits, c’est l’erreur de ma vie. J’ai bien failli tout perdre”, reconnaît-il encore devant le tribunal. Jugement le 7 mars.

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