Philippeville: dénoncé par une voyante, un homme de Libin torturé pendant plusieurs heures

Un homme d’une petite trentaine d’années est tombé dans un guet-apens, le 22 août 2020 à Philippeville.

S.M.
Les bourreaux ont comparu au tribunal.
Les bourreaux ont comparu au tribunal.

Durant plusieurs heures, il a été torturé par cinq personnes. Dont quatre "amis". Pour bien comprendre, un retour en arrière d’une semaine est nécessaire. Le 15 août 2020, la (future) victime et quatre des prévenus passent une soirée ensemble. Tous sont éméchés. La victime, qui habite en province de Luxembourg, dort un peu sur place avant de reprendre la route. Deux jours plus tard, l’homme reçoit un appel téléphonique de son ami chez qui il a dormi. Ce dernier vient de constater qu’une boîte contenant 100.000€, qui se trouvait dans la pièce où il a dormi, a disparu. Il veut savoir s’il la prise. La réponse est négative.

Après avoir interrogé les différentes personnes présentes lors de cette soirée, les soupçons se portent tout de même vers lui. Une voyante les conforte dans leur conviction…

Des coups violents, une simulation de noyade…

Le 22 août 2020, l’homme est à nouveau invité à Philippeville. Pour préparer la plainte qui va être déposée à la police au sujet de ce vol. Les quatre mêmes individus présents une semaine plus tôt sont là. Une cinquième personne, une femme célibataire, incitant supplémentaire pour le faire venir, est aussi de la partie. Ce qu’il ne savait pas, c’est que les cinq prévenus, tous convaincus de sa culpabilité, ont prévu de lui mettre la pression. Ils veulent des aveux.

Vers 22h30, au moment d’évoquer ce vol, la situation dégénère. "Ses explications ne tenaient pas la route", dit un des prévenus. Après une première altercation avec lui, l’homme est maîtrisé, mis à nu et colsonné à une chaise dans un abri de jardin. Il réussit rapidement à briser les liens. Sous l’agitation, la chaise sur laquelle il est assis casse. Au sol, il reçoit des coups, dont un violent à l’oreille qui a nécessité une intervention chirurgicale au tympan. On lui envoie également un objet métallique au visage, on tente de l’étrangler avec le genou et on lui verse des seaux d’eau froide au visage pour le faire suffoquer et simuler une noyade. Une des prévenues menace également de lui insérer des tampons hygiéniques imbibés d’alcool et de le brûler avec une cigarette. Pendant qu’il se fait torturer, ses deux enfants de cinq et deux ans et demi se trouvent dans la maison, à quelques mètres de là…

Après plusieurs heures de calvaire, l’homme finit par "avouer" le vol. Deux des prévenus se rendent chez lui à Libin, avec sa voiture, où ils ne trouvent finalement rien. Quinze jours plus tard, quatre d’entre eux retournent sur place pour fouiller une annexe de sa maison, désignée par la fameuse voyante. Une fois de plus, nada. Ils quittent tout de même les lieux avec une tronçonneuse et un décamètre.

Le parquet de Namur requiert à l’encontre de ces cinq personnes dix ans d’emprisonnement. Ce mercredi, seuls les avocats de deux des cinq prévenus ont pris la parole pour solliciter une peine de travail. Les autres plaidoiries auront lieu le 26 avril.

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