Sa dernière Sainte-Rolende à cheval

À 80 ans, Michel Anuset participera lundi à sa dernière Sainte-Rolende en tant que major. Face aux châsses à Hanzinne, il sera ému.

Patrick Lemaire
Sa dernière Sainte-Rolende à cheval
8859173 ©© EdA

«Je ne suis pas natif d'Hanzinne, précise-t-il d'emblée, comme pour s'excuser. Mais vers 1971, on m'a demandé d'être major à cheval. J'ai accepté, sans bien connaître les marches. Mais rapidement, j'ai vu que la Sainte-Rolende avait une âme ». Depuis lors, Michel Anuset ne voudrait pour rien au monde manquer ce rendez-vous annuel, qui se déroule ce lundi de Pentecôte. Âgé de 80 ans, il a décidé que cette édition serait sa dernière à ce poste. « L'an prochain, j'essayerai de marcher en tant que sapeur. Enfin, j'essayerai parce que, là, c'est moi qui devrais marcher et pas le cheval ! » Originaire de Momignies, rien ne le prédestinait à ce coup de coeur pour l'événement gerpinnois. Pourtant, le voilà pris du virus, dès les années 75. « J'ai vu, à la rencontre des châsses de saint Oger et de sainte Rolende, à Hanzinne, qu'il y avait quelque chose de spécial. Sans être croyant nécessairement ! Malgré les tambours, malgré que l'on prie tout haut, il y a un silence. J'ai ressenti cela très fort. Je ne suis pas intellectuel, mais j'observe beaucoup. Et j'ai vu que quelque chose se passait lors de cet événement. » Depuis, l'homme a multiplié les marches, à Cerfontaine, Châtelet, Jumet, Fosses ou encore Hanzinne, la procession locale qu'il ne manquerait plus jamais.

« Pour être un bon major, il faut savoir monter à cheval, évidemment. Mais il n'est pas nécessaire d'être un grand cavalier. Il faut surtout laisser son cheval tranquille et avoir l'oeil un peu à tout. Le cheval, lui, sait ce qui se passe. Il a une très bonne mémoire. Et quand on dit « tambour, roulement ! », il sait qu'il va y avoir une décharge. Là, je ne le tiens pas. Je le laisse sursauter et puis il reste sur place, sagement. Il sent bien si le cavalier a peur... » Durant une quarantaine d'années de marche, l'homme n'a jamais rencontré de souci particulier. Pourtant, il doit faire face aux marcheurs, aux tirs de tromblons et au public.

« Avec la cavalerie, on se met toujours un peu de côté. Parfois, évidemment, des gens traversent les rangs juste devant les chevaux, mais l'animal n'est pas agressif. Il est plutôt peureux et son seul moyen de défense, ce serait de ruer puis de s'enfuir... » Deux semaines avant la marche, Michel Anuset prépare son cheval. Mais pour cette dernière, ce n'est pas sa monture habituelle qu'il chevauchera : « Pour ma dernière marche, un ami m'a demandé de conduire son cheval, que j'ai préparé il y a trois ou quatre ans. Je sais qu'il aura la larme à l'oeil lorsque je dirigerai la décharge ! » Décidé à ne pas faire « l'année de trop », Michel Anuset descendra donc de son cheval à la fin de cette saison. « Je continuerai les marches où je suis en attelage, mais pas celles où j'oeuvre en tant que cavalier » .

Il continuera cependant à pieds à Hanzinne, tant que la santé lui permettra, parce que ces rendez-vous lui sont particulièrement chers, pour les amitiés créées et les petits verres partagés. « Je veux être sapeur parce que c'est le groupe le plus propre, le moins dangereux parce que l'on ne tire pas... et puis c'est le premier à rentrer au café ! », plaisante-t-il.

Cet humour l'a fait connaître dans toute la Sainte-Rolende, au fil du temps. « Quand l'échevin arrive en retard pour la décharge à Hanzinne, je place ma montre sur l'épée pour lui faire remarquer en boutade », s'amuse-t-il. Pour sûr, nombreux seront les pèlerins à ne pas manquer le rendez-vous, cette année, pour saluer cette dernière participation en major !

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