Agressé après la Soirée Plage de Couvin, l’enquête bâclée ? « Ils m’ont répondu qu’ils n’avaient pas que cela à faire » »

Trois personnes sont poursuivies pour menaces et coups et blessures. La défense évoque une enquête entièrement à charge.

S.M.
 «Elle a été insultée et menacée par la prévenue avec un taser. On lui a aussi lancé un panneau routier.»
«Elle a été insultée et menacée par la prévenue avec un taser. On lui a aussi lancé un panneau routier.» ©Mirko Macari – stock.adobe.com 

Le 30 juin 2019, un homme qui quittait la "Soirée Plage" de Frasnes a été agressé par plusieurs personnes. Parmi les lésions dont il a souffert: écorchure au front et commotion cérébrale, notamment.

Deux hommes et une femme se trouvaient sur le banc des prévenus mardi matin devant le tribunal correctionnel de Dinant. Les deux premiers sont poursuivis pour coups et blessures. La seconde pour menaces. Tous contestent les faits qui leur sont reprochés. "La victime rentrait chez elle lorsqu’elle a vu un groupe s’amuser avec des panneaux routiers. Elle leur a fait une remarque. En retour, elle a été insultée et menacée par la prévenue avec un taser. On lui a aussi lancé un panneau routier puis elle a reçu des coups de la part des deux autres prévenus", indique le parquet de Namur. Pour appuyer ses propos, celui-ci se base sur le témoignage de la victime, de deux témoins et de la description faite par les policiers d’une vidéo.

Les trois prévenus contestent formellement leur implication. Oui, ils ont assisté à cette bagarre. Mais ils n’en ont pas été acteurs, selon eux. "C’est un taser que j’ai trouvé dans un bus, il n’a jamais fonctionné, il n’était pas chargé. Je l’avais sur moi à titre dissuasif car je m’étais déjà faite agresser en Alsace", a indiqué la prévenue. "J’ai suggéré aux policiers d’aller voir le gérant d’un commerce situé juste en face des lieux car il y avait une caméra de surveillance. Ils m’ont répondu qu’ils n’avaient pas que cela à faire ", ajoute un autre prévenu.

Enquête bâclée ?

Dans une plaidoirie enflammée, Me Delvallée, conseil d’un des prévenus, n’a pas mâché pas ses mots à l’égard de l’enquête réalisée par les policiers. "Une enquête strictement à charge. Le taser a été saisi, il ne fait même pas partie des pièces à conviction. La vidéo dont on parle, de faible qualité selon les policiers, ni le tribunal, ni le ministère public, ni la défense ne l’a vue. C’est scandaleux."

Le conseil a aussi pointé du doigt le laxisme des policiers qui n’ont pas fait les démarches pour visionner les images de la caméra du commerce voisin. "Les deux témoins ? On les a entendues en même temps, côte à côte. En matière de suggestion, on ne fait pas mieux. " Quant à la victime, elle était sans doute ivre.

Dans ce dossier, rien n’est clair selon la défense. Entre 3 000 et 4 000 personnes par jour fréquentent cet événement. "Il y a pu y avoir confusion. " Jugement le 6 décembre.