Maurice Vandeweyer: décès d’un rabelaisien

Auteur d’ouvrages sur l’Entre-Sambre-et-Meuse, amateur de bonne chère, artiste, impliqué dans l’associatif, correspondant pour L’Avenir, Maurice Vandeweyer, 76 ans, est décédé ce mardi.

Jean-Luc Henrard
Maurice Vandeweyer: décès d’un rabelaisien
Père de quatre enfants, Maurice Vandeweyer était âgé de 76 ans. ©Photo Pascal Hubert

Dès l’annonce de sa mort, mercredi matin, les qualificatifs chaleureux ont afflué sur les réseaux sociaux pour décrire Maurice Vandeweyer, 76 ans, décédé accidentellement mardi en début de soirée, à son domicile de Mariembourg: jovial, passionné, truculent, cultivé, bon vivant, affable mais parfois bourru, amoureux de sa région et du journal L’Avenir dont il était correspondant de presse.

Mais Maurice était connu bien au-delà de la région couvinoise. C’est que, au cours de sa longue carrière comme professeur de mathématique à l’Institut Sainte-Marie de Pesche, il a enseigné les maths à des milliers d’ados de toute l’Entre-Sambre-et-Meuse. Des élèves parfois désarçonnés par ses méthodes pédagogiques iconoclastes mais toujours bienveillantes.

L’Entre-Sambre-et-Meuse, Maurice Vandeweyer vouait un véritable amour pour cette région au folklore et surtout à la gastronomie si riche. Amateur de bonne chère, de bons vins ou de bières bien mousseuses, il n’ignorait rien des spécialités culinaires et des bonnes adresses de Couvin, Philippeville ou Chimay. Subtil mélange entre Gargantua et Toine Culot son coup de fourchette n’avait d’égal que sa bonhomie. Issu d’une famille originaire du Limbourg, ce «flamand» aurait pu figurer en bonne place parmi les joyeux convives du tableau «Le repas de noce» de Bruegel l’Ancien. Il était d’ailleurs l’auteur de plusieurs livres consacrés à des recettes régionales. Régulièrement, il se qualifiait davantage de rabelaisien qu’épicurien.

Artiste dans l’âme, il aimait récupérer des os (dont il avait préalablement mangé la moelle) à la fin du repas pour les sculpter ensuite chez lui, les transformant en œuvres d’art improbables qu’il aimait offrir à ses amis.

La culture chevillée au corps

Une autre de ses passions: les contes et légendes de l’Entre-Sambre-et-Meuse qu’il avait revisités avec son esprit rabelaisien dans plusieurs recueils. Dans les années 80, Maurice avait également écrit le scénario des sons et lumières de Nismes contant les procès en sorcellerie des environs.

Pour parler davantage encore de sa région et mieux la connaître, il était devenu correspondant de presse pour L’Avenir édition Entre-Sambre-et-Meuse voici près de 30 ans. De reportage en reportage, il promenait sa bonhomie à travers toute la région, appareil photo en bandoulière et carnet de notes en main, râlant parfois quand ses papiers ne paraissaient pas assez vite à son goût. Ses sujets de prédilections: la culture. On ne compte pas les artistes locaux dont il était le premier à parler dans nos pages en termes choisis et précis.

En tant que trésorier, il s’était d’ailleurs investi dans la gestion du centre culturel régional Action Sud. Il était tout aussi actif au sein du musée du Petit format. Toujours à l’affût d’une bonne info, il se régalait des anecdotes et autres coups tordus de la politique couvinoise.

Impliqué dans la vie associative, notamment comme président, durant des années, du club de tennis de Couvin, il aimait jouer au golf, notamment sur le green de la base de Florennes.

Maurice Vandeweyer était le père de quatre enfants: Delphine, Sean, Mel et Sade. Maigre consolation à l’heure de son décès: Maurice sera au moins parti après un bon repas entre amis, un de ces moments qu’il affectionnait particulièrement.