Viroinval: un homme handicapé victime de traitements dégradants

Un homme qui souffre d’un handicap physique a été victime de harcèlement et de traitements dégradants, en 2021 et 2022.

S.M.
Viroinval: un homme handicapé victime de traitements dégradants

Le 5 janvier 2022, une disparition inquiétante était signalée par le parquet de Namur. L’homme qui était recherché a finalement été retrouvé en vie, dans un bois de Viroinval. "Mais dans un état psychologique lamentable. Il était pieds nus et en t-shirt et venait de tenter de mettre fin à ses jours. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il avait disparu, il a tout lâché", explique le parquet de Namur.

Cet individu qui souffre d’un handicap physique en raison d’un accident dont il a été victime et qui se déplace parfois en chaise roulante (il est paralysé de tout le côté droit) a indiqué avoir une peur bleue de deux personnes qu’il héberge chez lui, à savoir son ex-compagne et le nouveau compagnon de celle-ci. "Deux personnes qui se sont insérées chez lui comme des parasites et qui ne payaient jamais rien", poursuit le parquet de Namur.

Quelques heures avant sa disparition, il se trouvait en famille ou ces deux personnes étaient aussi présentes. L’ex-compagne, partie plus tôt, avait quitté les lieux avec ses chaussures.

Ce genre de fait, l’homme en a subi à répétition entre octobre 2021 et janvier 2022. Outre les coups qu‘elle lui portait, son ex-compagne le brûlait aux pieds avec un briquet chalumeau, le privait de sa carte bancaire, lâchait sa chaise roulante dans les descentes, mettait de l’eau au sol lorsqu’il était dans son bain afin qu’il chute en sortant ou en mettait des punaises au sol pour qu’il marche dessus. Des faits qui lui valent d’être poursuivie pour harcèlement, coups et blessures, menaces, abus de faiblesse et traitements dégradants commis à l’encontre d’une personne vulnérable

Elle brûle sa codétenue

La jeune femme a été placée sous mandat d’arrêt à la suite des faits commis. "En prison, elle a brûlé les pieds de sa codétenue avec une cuillère brûlante", ajoute le parquet de Namur. Car elle lui avait fait des avances, rétorque la prévenue. "Frapper est plus fort que moi. J’ai beaucoup de haine en moi dont je n’arrive pas à parler. J’extériorise par la violence", précise-t-elle, en pleurs. Le plus souvent à l’égard de personnes qui lui veulent du bien.

Son nouveau compagnon, qui a giflé et cassé le gsm de la victime, est lui aussi poursuivi pour traitements dégradants et abus de faiblesse. Le parquet de Namur estime qu’il est coauteur de chaque fait. S’il a mis fin à certaines de ces mauvaises blagues, d’autres en revanche le faisaient rire. La non-assistance à personne en danger est aussi retenue dans son chef. Le parquet de Namur précise que les deux intéressés ont déjà chacun des antécédents en matière de violence. Des peines de quatre et cinq ans de prison ferme sont requises.

La défense de la principale prévenue plaide deux ans de prison avec sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive déjà subie. "Elle a une personnalité borderline. Elle a un bon cœur mais a besoin d’un suivi à plusieurs niveaux." L’avocat du second prévenu plaide une peine de travail pour la non-assistance à personne en danger, la gifle et le gsm cassé. "Mon client n’a pas posé le moindre acte positif de participation", dit-il au sujet des traitements dégradants. Quant à l’abus de faiblesse, il estime que la victime avait tout sa capacité de discernement.

Jugement le 13 juillet.