Florennes: une femme condamnée pour avoir tué son ancien beau-fils

Françoise Meulemans a écopé, ce jeudi, de quatre ans avec sursis probatoire pour avoir tué son ex-beau-fils, en octobre 2017.

S.M.
 C’est par l’arrière de cette habitation qu’Éric R. s’est introduit, le 7 octobre 2017.
C’est par l’arrière de cette habitation qu’Éric R. s’est introduit, le 7 octobre 2017.

Le 7 octobre 2017, Éric Regnier, 24 ans, a trouvé la mort dans une habitation d’Hanzinelle (Florennes). Il a été touché par sept coups de feu tirés par son ancienne belle-mère, Françoise Meulemans, née en 1961. Poursuivie pour assassinat provoqué, celle-ci a écopé ce jeudi matin d’une peine de quatre ans de prison avec sursis probatoire, alors que le parquet de Namur en avait requis cinq, avec sursis. Le tribunal n’a pas retenu la préméditation. C’est donc pour un homicide volontaire avec provocation que la sexagénaire a été condamnée.

Éric R. s’était marié avec la fille de Françoise M., avec qui il a eu un enfant. Mais peu de temps après son mariage, le couple s’est séparé. Le 7 octobre 2017, jour du déménagement de la fille de Françoise M., Éric R. s’est rendu en taxi au domicile de son ancienne belle-famille. Il ne supportait pas d’être privé de son fils de onze mois.

Lors de l’audience, Françoise M. expliquait avoir vu son ancien beau-fils se diriger vers l’arrière de l’habitation et avoir demandé à sa fille, qui tenait son enfant dans ses bras, d’aller fermer la porte. "Elle a juste eu le temps de faire un tour de clé. Il a pointé son pistolet contre la vitre, en direction du front du petit, et a tiré. Le bébé a hurlé, pour moi il était blessé. Il a ensuite fait un geste d’égorgement à ma fille. J’ai pris un revolver et nous sommes allés nous réfugier en haut", indiquait Françoise Meulemans. Six armes et des munitions avaient été placées dans divers endroits de la maison. Preuve que la famille s’était préparée à ce scénario.

Éric Regnier s’est introduit dans la maison, par effraction, armé d’un pistolet d’alarme trafiqué, capable d’être létal.

Dans les escaliers, il a braqué Françoise M. qui a riposté en ouvrant le feu à six reprises, vidant le barillet du revolver. Elle s’est ensuite rendue dans une chambre où sa fille et son petit-fils s’étaient réfugiés pour recharger l’arme d’une munition, avec laquelle elle a donné le coup de grâce.

Dans son jugement, le tribunal n’a pas suivi la défense qui plaidait l’acquittement sur base de la contrainte irrésistible, sous sa forme morale. Selon le Code pénal, la contrainte morale consiste dans le fait que la personne a été psychologiquement poussée de manière irrésistible à commettre une infraction en raison de la crainte d’un mal grave, imminent et injuste dirigé contre elle ou contre un de ses proches.

Dans le cas présent, le tribunal estime que le critère d’imprévisibilité fait défaut, la prévenue ayant envisagé la situation en plaçant plusieurs armes et munitions un peu partout dans la maison et en retournant au stand de tir, peu avant les faits, pour s’assurer qu’elle savait toujours se servir d’une arme. Le tribunal pointe également la rationalité et la méthodologie dont Françoise M. a fait preuve. Après avoir tiré six coups de feu, celle-ci a pris le temps de retirer une douille du barillet, d’aller récupérer une munition dans une chambre et de venir tirer un septième coup de feu dans la gorge d’Éric Regnier.