Gerpinnes : l’écrivain Octave P irmez dit « le solitaire d’Acoz » (14)

Grand-oncle de Marguerite Yourcenar, l’écrivain Octave Pirmez a puisé l’inspiration de son œuvre littéraire au château d’Acoz où il vécut.

Vincent Pinton
Gerpinnes : l’écrivain Octave P irmez dit « le solitaire d’Acoz » (14)
SERIE: les grandes figures de l'ESM: Octave Pirmez (14) ©ÉdA – 201858990713

Avec la fin février s’achève notre série consacrée aux grandes figures de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Ce dernier numéro sera consacré à Octave Pirmez qui vécut au château d’Acoz à Gerpinnes. Pour nous aider à dresser son portrait, nous avons bénéficié du concours de Jacqueline Lempereur, fille d’Émile Lempereur qui lui consacra un ouvrage en 2006.

C’est à Châtelet qu’Octave Pirmez voit le jour, le 19avril 1832. Son père, Benjamin Pirmez, est issu de la riche bourgeoisie de Châtelet-Châtelineau. Sa richesse provient du commerce, de la spéculation foncière, de la politique et des sciences. Sa mère, Irénée Drion, est également issue de la riche bourgeoisie de Gilly-Gosselies. Sa famille s’est distinguée dans l’administration et l’industrie.

De son père, Octave a hérité son goût pour la chasse, la pêche et la musique, et de sa mère, le goût pour la littérature. Il est l’aîné de trois enfants. Son frère Émile est le seul qui se mariera. Son plus jeune frère, Fernand, décède à l’âge de 28 ans d’une balle en pleine poitrine. On ne sait pas si c’est un accident ou un suicide.

Le décès de Fernand constituera un véritable drame pour Octave. En 1878, il écrit «Remo», une biographie émue et émouvante de ce frère mort trop jeune.

Sa jeunesse

En 1838, la famille quitte Châtelet, où sa mère ne se plaisait pas, pour Châtelineau qui, à l’époque, était à la campagne. Comme Octave ne voulait pas aller en pension, il a reçu son enseignement primaire à domicile.

À 19 ans, il passe le jury central à Mons et s’inscrit à l’université libre de Bruxelles où il fait la connaissance de Félicien Rops. Il est heureux, riche, il mène une vie estudiantine joyeuse. Il lit, il peint, joue du violon mais, de temps en temps, il est sujet à des crises de solitude et de doute. À 23 ans, il commence à voyager dans les Ardennes belges, au Luxembourg mais aussi en France, en Allemagne et en Italie. Son père décède à l’âge de 50 ans alors qu’il commençait à voyager.

À Acoz

Sa mère acquiert le château d’Acoz au baron Charles-Xavier d’Udekem et entreprend de le restaurer. Les travaux durent trois ans et se terminent en 1859.

En 1862, Octave publie «Les Feuillées» qui est une suite de réflexions morales. En 1864, il a 32 ans et se blesse à l'œil en voulant ramasser un corbeau qu'il venait d'abattre. Comme il pense qu'il a un œil perdu, il prie et guérit. En remerciement, il fait élever une chapelle dans le parc du château.

En 1830, il encourage son frère Fernand à créer l'hebdomadaire «Le Pays wallon». Il s'agit d'un organe démocrate et pacifiste contre NapoléonIII et la guerre. Un soir d'avril 1881, il lui prend l'envie d'aller jouer du violon dans le parc. Il rentre avec des crampes d'estomac. Après cela, sa santé va décliner et il décédera le 1er mai 1883.

Une foule importante assiste à son enterrement car les gens d’Acoz l’aimaient bien.

Il est enterré dans une chapelle sépulcrale à Villers-Poterie.

Le 1er mai de cette année, des festivités seront organisées pour le 130e anniversaire de sa mort.