Des policiers de la zone Houille-Semois outragés, et menacés: juste des paroles en l’air?

Menaces, outrages et rébellion font partie des préventions.

S.M.
 « Tu fais le malin car tu es en uniforme. Enlève-le et je te défonce.» Un extrait, fleuri, du discours tenu par le prévenu.
« Tu fais le malin car tu es en uniforme. Enlève-le et je te défonce.» Un extrait, fleuri, du discours tenu par le prévenu. ©Thomas – stock.adobe.com 

Il était question de sémantique, mardi matin, à l’audience du tribunal correctionnel de Dinant. Un habitant de Vresse-sur-Semois a fait opposition à un jugement le condamnant à six mois de prison pour des faits de menaces, outrages et rébellion commis en juillet et décembre 2019. Les outrages ne sont pas contestés. Contrairement aux deux autres préventions. À l’attention de deux policiers, il a notamment déclaré: "Tu fais le malin car tu es en uniforme. Enlève-le et je te défonce.""Un jour, on se trouvera au même bal. Tu seras sans uniforme et là, si tu veux, je te mettrai une claque. Je sais où tu habites", a-t-il dit à un autre policier.

Des paroles en l’air, selon le prévenu. Pour la défense, ces paroles ne relèvent pas de la menace. Le parquet de Namur n’est pas du même avis. On joue ici sur les mots.

Suite à ces propos, deux policiers ont utilisé la contrainte physique pour maîtriser l’individu. Dans leur procès-verbal, ils évoquent une rébellion. "Qu’ils ne décrivent pas. Ce n’est pas à eux de dire s’il y a rébellion ou pas mais au tribunal. Pour qu’il y ait rébellion, il faut violence ou menaces. Or, ici, on ne sait rien", poursuit la défense. Le parquet de Namur réagit une nouvelle fois. Le simple fait de tendre ses bras lors d’une intervention policière est constitutif d’une résistance. Et donc d’une rébellion. Le tribunal tranchera le 4 octobre.