Bohan| Battue, privée de cartes bancaire et d’identité, de contact avec ses enfants: «quand j’avais des plaies ouvertes, il était plus gentil»

L’habitant de Bohan doit répondre de coups et blessures avec incapacité et harcèlement sur son ex-compagne entre 2015 et 2021.

Catherine Dethine
Bohan| Battue, privée de cartes bancaire et d’identité, de contact avec ses enfants: «quand j’avais des plaies ouvertes, il était plus gentil»

La scène interpelle. Face au juge Renaud Hauquier, l’homme (né en 1966 et domicilié à Bohan) reste debout, les bras croisés. Il répond à peine aux préventions qui lui sont reprochées. Il reconnaît des coups mais conteste le harcèlement. L’explication? "J’étais sous l’influence de l’alcool". On n’en saura pas plus de sa part. Déjà condamné pour violence intrafamiliale en 2010 et au vu du palmarès et de récentes condamnations, le Parquet requiert deux ans et 1200 € d’amende, sans s’opposer à un sursis probatoire.

Afin de lui rafraîchir la mémoire, le président lui rappelle une scène qui s’est déroulée le 11 juillet 2021 dans une station-service. Un témoin a vu "un homme très énervé, tirer violemment une femme hors du véhicule" . Il la jette à terre, lui tire les cheveux, lui donne des coups de poing et de pied. " Je n’ai pas de souvenirs. " Le 23 décembre, la scène se reproduit. Et cinq jours plus tard, une personne retrouve la dame, complètement prostrée, dans sa salle de bains. " Le témoin a été choqué "

Isolée

Ce n’est pas tout. bien que la prévention de traitements dégradants n’ait pas été retenue, la femme ne mangeait pas toujours à sa faim. Elle ne pouvait pas prendre de nouvelles de ses enfants. Il lui a pris sa carte bancaire, sa carte d’identité. Elle n’avait ni internet, ni portable. Enfermée, elle sortait d’autant moins lorsqu’elle présentait des bleus. Elle aurait déclaré: " quand j’avais des plaies ouvertes, il était plus gentil."

Lui de son côté, disait " avoir pitié d’elle. " Il l’a donc prise chez lui. Pour le Parquet, cet homme est à l’origine de la déchéance de cette femme. "Il est connu pour être un homme très violent, explique le Parquet. C’était une très jolie femm e. Elle est devenue une épave. Vous l’avez détruite ". Selon la fille de la victime, sa mère a sombré dans l’alcool par sa faute. Déjà condamné pour des faits similaires en Espagne, en France et chez nous, l’homme risque 2 ans requis par le Parquet. Un sursis probatoire pourrait lui être accordé pour soigner ses assuétudes et sa violence. MeClosson, qui assure la défense, avoue être en position délicate face à l’attitude de son client. Elle tient néanmoins à nuancer le tableau: "la victime allait et venait et il y avait une forte consommation d’alcool dans le couple." Son client ne rentrera plus en contact avec la victime et veut se soumettre à des conditions. Jugement le 4 mai.