Des Namurois trustent les podiums de la Maxi Race de Madère

Deux trails internationaux sur une île qui fait 50 km de long et 22 de large en trois semaines, c’est beaucoup. Quinze jours après le MIUT, la Maxi Race de Madère a poussé certains athlètes de l’élite à faire des choix. Julien Chorier et Audrey Tanguy ont bouclé leur saison sans stress. Et des Namurois ont trusté les podiums.

Des Namurois trustent les podiums de la Maxi Race de Madère
100 km au programme des plus courageux, dans des décors parfois bien mystérieux.
Nathanaël JACQMIN

Les perturbations du calendrier international de trail ont des conséquences malheureuses pour certains organisateurs. C’est le cas de la Maxi Race de Madère. Annulée l’an passé, elle s’est tenue ce week-end, trois semaines seulement après le MIUT (Madeira Island Ultra Trail), qui aurait dû normalement se tenir en avril. "De nombreux athlètes inscrits sur les deux épreuves ont décliné" explique Patricio Fernandes, organisateur. Mais même avec 360 coureurs sur les 4 courses (15, 25, 55 et 100 km) il se montre plutôt satisfait. "L’objectif n’est pas d’atteindre les mille coureurs. Mais de les accueillir au mieux. Et de faire découvrir le nord de l’île, plus sauvage, plus nature."

Deux Belges top 10 dans le 100 km

Pour ceux qui connaissent la Maxi Race d’Annecy, celle de Madère en est l’antipode. Ici, chaque coureur est accueilli par son prénom au départ de la course et est invité au barbecue (des brochettes géantes sur des branches de laurier) après la remise des prix. "J’ai participé aux trois éditions de la Maxi Race de Madère. Sur 55, 25 et 100 km cette fois. Et j’y reviendrai encore. Peut-être même comme bénévole. Car cette course m’a beaucoup donné, au niveau des émotions, au niveau des découvertes et des rencontres. J’ai envie de lui rendre" raconte Didier Boqué, de Gembloux, qui termine 10ème et premier V55 sur le 100 km (5 800 D + ) en 21h37’. Sur cette même course, dominée par le Portugais Bruno Coelho en un temps incroyable (12h58), un traileur belge, Colin Pochet, signe une très belle 7eme place (20h56). "D’autant plus belle que c’était mon premier 100 km. Je l’avais bien préparé puisque j’étais venu à Madère, en mode rando-découverte, avec ma compagne il y a quelques semaines. Cela m’a permis d’apprendre à mieux appréhender la difficulté du parcours."

 A gauche en blanc, Ruddy Bournouville, contraint à l’abandon.  Au centre, Didier Boqué, 10ème du 100 km et à sa droite Colin Pochet, qui signe une très belle 7ème place.
A gauche en blanc, Ruddy Bournouville, contraint à l’abandon. Au centre, Didier Boqué, 10ème du 100 km et à sa droite Colin Pochet, qui signe une très belle 7ème place.

Car le parcours est très exigeant, comme en témoigne Ruddy Bournonville, coureur de Bois-de-Villers, qui a jeté l’éponge après 70 km, alors qu’il a bouclé cette année le 90 km du Marathon du Mont-Blanc en juin et le 100 km de la CCC (100 km et 6 100 D + ) en août. "Je découvrais Madère. La montagne est beaucoup plus exigeante que les Alpes. C’est tout aussi difficile sur les sentiers de la Réunion. Je n’arrivais pas à m’alimenter correctement. J’étais plus lent que prévu. Et je n’avais pas envie d’attaquer une seconde nuit dehors, avec le vent, le froid et le brouillard."

Une Belge sur le podium féminin du 55 km

 Un parcours qui traverse des forêts uniques en Europe.
Un parcours qui traverse des forêts uniques en Europe.
 Julien Chorier, sans concurrence sur le 55 km, lors de l’arrivée.
Julien Chorier, sans concurrence sur le 55 km, lors de l’arrivée.

Ce sont des amoureux de l’île. D’ailleurs, Julien Chorier y était il y a 15 jours, sur le MIUT pour faire de l’assistance. Une course qu’il a gagnée deux fois. Tout comme l’Ecotrail de Funschal. "Le MIUT est une course internationale à échelle humaine et la Maxi Race à échelle familiale. Je ne connaissais pas le parcours, il est très exigeant. On peut courir à 18 km/h sur les levadas (des petits canaux d’altitude qui permettent d’acheminer l’eau d’une vallée à l’autre) et galérer dans les montées, avec des milliers de marches à gravir. Je savais que j’étais favori. Mais parfois, sur cette distance, on tombe sur un coureur local, qui connaît parfaitement le parcours et qui peut surprendre. Je n’ai donc pas pris la course à la légère. J’ai même fait du repérage la veille. Mon objectif était de terminer l’année en beauté." C’est réussi. Et bon pour le moral, lui qui sera aligné en 2022 sur la Costa Rica Trail (course par étapes de 200 km et 9 200 D + ), le Marathon des Sables, l’Eiger Trail, l’UTMB et pour finir en beauté 2022, la Diagonale des fous.

 Audrey Tanguy, connaît bien Madère. Elle y retourne en avril. Pour remporter le MIUT?
Audrey Tanguy, connaît bien Madère. Elle y retourne en avril. Pour remporter le MIUT?

"C’est mon île préférée. C’est beau, les gens sont sympas, c’est pas cher et on y manger beaucoup. Ce qui me va très bien."

Seule athlète de l’élite, elle remporte le 55 km sans forcer. "Un 55 km avec 3500 de D + qui alterne marches, boue et racine, avec une grimpette de 1200 mètres sur 6 km pour finir avec une descente de 1500 mètre sur 5km, c’est une petite Diagonale en somme.

J’ai pris un plaisir énorme. Je n’ai pas pris de risques dans les descentes. Pour une fois, j’ai pu courir sans stress. Ça me change, ça fait du bien."

Repos maintenant pour elle aussi. Avec au programme quelques semaines de ski de fond, son autre passion. Avant de revenir à Madère, déjà en avril pour le MIUT. Pour monter sur la première marche? Elle y a pris goût.