Cambriolé 3 fois en 10 mois: pour ce boulanger de Temploux, "c’est la fois de trop"

Réveillé par la police à 1h du matin, ce jeudi 11 mai 2023, le boulanger temploutois Patrick Vranckx n’a une nouvelle fois pu que constater les dégâts, avec un goût amer, lassant, de déjà-vu. La caisse était vide mais sa tête se remplit de doutes.

Le boulanger ne croit plus aux coïncidences et ressort de cette triste série le moral plombé.
Le boulanger ne croit plus aux coïncidences et ressort de cette triste série le moral plombé. ©Montage EdA

Fin août 2022, il y a trois semaines et demie (la nuit du 16 au 17 avril) et désormais ce jeudi matin, ça commence à faire beaucoup, de trop. "Je ne sais pas si c’est de l’acharnement contre ma boulangerie, mais elle reste une occasion de faire de l’argent facile, témoigne, dépité, Patrick Vranckx. Nous avions investi dans une machine permettant de conserver un fonds de caisse, ce qui nous procurait un gain de temps, en ne nous obligeant plus à vider la caisse tous les jours, et une sécurité supplémentaire pour le personnel. Finalement, c’est une arme à double tranchant, nous sommes obligés de la vider quotidiennement, ce qui prend plus de temps qu’une caisse classique. " Mais le pâtissier s’y soumet, pas le choix.

À la fin du service, mercredi, la caisse a donc bel et bien été vidée. "Le 16 avril, nous avions oublié de reprendre l’argent. Que les voleurs aient choisi ce jour-là pour entrer par effraction dans le magasin, je pensais qu’il s’agissait d’un concours de circonstances. Je n’y crois plus. Mercredi, une fois la caisse vidée, le boîtier était resté à l’extérieur, visible. Ce sont manifestement des gens bien renseignés."

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Mais c’est une boulangerie, pas une banque. On ne peut pas investir toujours plus dans la sécurité

Comme la première fois, les malfrats sont entrés par la porte arrière, arrachée malgré le fait qu’elle avait été renforcée. "Mais c’est une boulangerie, pas une banque. On ne peut pas investir toujours plus dans la sécurité."

Ce jeudi matin, en tout cas, outre les bris de glace nettoyés, la tentative infructueuse a eu des conséquences. "Dans le cadre des devoirs d’enquête, il est impossible pour les clients de payer en liquide. La police est venue prendre les empreintes et il faudra remettre en service la machine." Puis, il y a la déposition, les démarches pour faire fonctionner l’assurance...

Quant au moral de l’artisan, renommé (Golden Croissant, Boulangeries-Pâtisserie préférée des Wallons, etc.) et plébiscité par le public, il vacille méchamment. Après les crises qui l’ont contraint à aménager ses heures d’ouverture et à réduire son personnel, il n’avait pas besoin de ça. "C’est la troisième fois, et la fois de trop. On se demande pourquoi on travaille, pourquoi tant de sacrifices dans la vie privée. Là, normalement, je suis dans une grande semaine, avec la fête des mères qui arrive. Mais je n’y arrive pas, je suis à bout. Je me demande si je ne vais pas arrêter tout."

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