Raphaël Liégeois, Namurois de 34 ans, nouvel astronaute belge

C’est officiel: le Wallon Raphaël Liégeois, ingénieur multi-diplômé de 34 ans, vient d’être sélectionné avec une poignée d’autres candidats (maximum 6) par l’agence spatiale européenne (ESA) pour devenir astronaute. L’annonce, ce mercredi, intervient à l’issue d’une sélection drastique (plus de 20 000 candidatures en Europe).

Clément Boileau
 Raphaël Liégeois, ici aux côtés du secrétaire d’Etat Thomas Dermine, est le nouvel astronaute belge.
Raphaël Liégeois, ici sur la gauche de la photo aux côtés du secrétaire d’Etat Thomas Dermine, est le nouvel astronaute belge. ©D.R.

C’est officiel: le Namurois Raphaël Liégois, ingénieur multi-diplômé de 34 ans, vient d’être sélectionné avec une poignée d’autres candidats par l’agence spatiale européenne (ESA) pour devenir astronaute. L’annonce, ce mercredi, intervient à l’issue d’une sélection drastique (plus de 20 000 candidatures en Europe). Raphaël Liégeois effectuera des missions au sein de l’ISS (la station spatiale internationale), voire au-delà.

Cela faisait plus de dix ans que l’ESA n’avait plus recruté d’astronautes. Au terme d’une campagne de sélection qui aura duré un an et demi, une vingtaine d’autres astronautes dits "de réserve" complètent le tableau.

Les chiffres donnent le tournis: l’ESA a reçu quelque 22 500 candidatures valides (dont un bon millier de Belges), ainsi que 257 candidatures ouvertes pour un poste d’astronaute en situation de handicap physique. L’écrémage fut draconien, plusieurs phases de tests (sélection sur dossier, tests cognitifs et physiques) s’étant succédé depuis un an et demi.

Lors de la troisième phase, qui s’est achevée en juin dernier, ils n’étaient plus que 400 à pouvoir prétendre au graal que constitue une carrière d’astronaute. À noter, et c’est loin d’être anodin, que la politique de recrutement de l’Agence s’est voulue inclusive. "L’évaluation médicale a également été élargie pour inclure les candidats au poste d’astronaute atteints d’un handicap physique, pour qui les exigences physiques typiques seraient un obstacle à la sélection", explique l’ESA. "Dans ce premier cas de recrutement de"parastronautes", celles et ceux qui sont atteints d’une déficience des membres inférieurs et/ou dont la taille est inférieure à 130 cm sont pris en compte."

La quatrième phase d’évaluation et de capacités physiques a débuté en mai: "Le travail d’astronaute est physiquement exigeant, nécessitant de l’endurance, de la dextérité et plus encore", détaillait l’ESA cet été: "cette évaluation permet de s’assurer que les candidats sélectionnés soient capables de faire face à l’effort physique requis par ce poste, tant sur Terre que dans l’espace."

La phase finale, entamée après l’été, a consisté en un entretien entre l’aspirant astronaute et un comité de l’ESA. Mais le talent ne suffit pas, et, en coulisses, les 22 États membres de l’ESA (dont la Belgique), ont œuvré à ce que leur poulain décroche ce poste à même de faire rayonner le pays à l’international (que l’on songe par exemple à l’aura d’un Thomas Pesquet en France)…

Successeur de Dirk Frimout et Frank De Winne

Ainsi, Thomas Dermine, le secrétaire d’État belge à la politique scientifique (et donc en charge du spatial), n’a jamais masqué son souhait de voir un Belge succéder aux héros nationaux que sont Dirk Frimout et Frank De Winne. Si bien qu’en mai dernier, lors d’une session de travail au centre spatial de l’ESRIN (Rome) avec le Directeur Général de l’ESA, Joseph Aschbacher le Belge a présenté dans une "note de lobbying" détaillée tous les arguments chiffrés de la Belgique. "Notre objectif était de montrer qu’il était tout à fait légitime que la Belgique ait un astronaute, et que si ce n’était pas le cas, il fallait nous le montrer", a fait savoir le secrétaire d’État, qui n’a pas manqué de remettre une statue de la fusée de Tintin au directeur de l’ESA "pour qu’il pense à la Belgique tous les jours".

Le lobbying ne s’est pas arrêté là, Dermine confiant s’être assuré d’un soutien de poids dès juin dernier, lors de la visite d’un certain… Thomas Pesquet à Bruxelles. Celui-ci "nous a assuré qu’il serait un ambassadeur supplémentaire pour la Belgique", a confié le secrétaire d’État, redoublant d’efforts dès septembre dernier, lorsqu’il fut acté qu’encore un Belge était encore en lice. Après ce qu’il décrit comme une "négociation politique", c’est le Roi lui-même qui a reçu le patron de l’ESA le 10 novembre dernier, avant que la décision finale ne tombe ce mercredi. "Nous savions la Belgique en bonne position mais il a fallu s’assurer que la position de la Belgique soit respectée", en conclut, ravi, le secrétaire d’État.

Raphaël Liégeois va quant à lui rejoindre le Centre européen des astronautes situé à Cologne, en Allemagne. Il y suivra une formation de base de 12 mois, avant la phase suivante, une formation à la Station spatiale internationale. "Une fois affectés à une mission, leur formation sera adaptée aux tâches spécifiques de la mission"; indique l’ESA.

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