Namur : les boulangers déversent leur colère sur la place des Célestines (vidéo)

Mardi matin, de nombreux boulangers de Wallonie ont sillonné le centre-ville de Namur pour exprimer leur ras-le-bol et leur désarroi. Ils ont déversé des miettes de pain sur la place des Célestines.

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De nombreux boulangers ont fermé leurs portes ces dernières semaines en raison de l’explosion de leur facture d’énergie. Pour protester contre l’absence d’aides, de mesures pour contrer cette augmentation vertigineuse des prix, ils se sont donné rendez-vous mardi à Namur, aux alentours de 7h du matin, devant l’Élysette. C’est le cas de Pascale Dumont, boulangère à Vencimont et porte-parole de la manifestation des professionnels du pain et croissants mardi matin, à Namur. "Après 20 ans de métier, mon mari a été dans l’obligation de fermer la boulangerie fin septembre. C’est simple: aujourd’hui, avec notre contrat d’électricité à taux variable, notre fournisseur nous réclame 7 000 € par mois. Un acompte impossible à payer. Nous n’avons donc plus aucun revenu depuis trois semaines."

Mais les factures continuent de tomber. "Des coûts fixes comme le crédit pour la maison, la rénovation de la boulangerie, les mutuelles, assurances et autres. En fait, si je ne travaille pas, je ne peux pas payer ces coûts fixes. Si je travaille, je peux payer ces coûts fixes mais pas ma facture d’énergie pour la boulangerie. Il y a donc un gros problème."

Pour rouvrir, il faudrait que son acompte pour l’électricité diminue à… 3 800 €. Une somme déjà colossale. "C’est ce qui nous permettrait de finir le mois, payer l’ensemble de nos factures et, surtout, nous assurer de donner à manger à nos enfants. C’est le montant maximum." Et dire qu’en décembre 2021, la boulangère et son mari payaient 1 350 €. "Vous comprenez donc qu’il y a un gros, gros problème."

Le couple n’est évidemment pas le seul à vivre cette situation. Ils sont de plus en plus à être confrontés à cette flambée des prix. C’est leur job et leur vie quotidienne qui sont menacés. Allumer un four, ça donne aujourd’hui des sueurs froides. Pour toutes ces raisons, et de manière symbolique, ils ont décidé de déverser des sacs remplis de miettes de pain sur la place des Célestines, devant un cabinet ministériel. Elles sont, pour eux, à l’image des aides du Gouvernement : minuscules. "Les pigeons viendront les manger. Enfin, bon, les pigeons, aujourd’hui c’est nous", lançait un artisan.

Une rencontre est prévue cet après-midi avec le ministre wallon de l’Économie, Willy Borsus, avec une délégation de boulangers. Pour sensibiliser le Gouvernement et, surtout, obtenir un soutien pour permettre aux artisans de se remettre derrière les fourneaux.

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