Namur: «le dernier arrivé au casino paie la tournée», il prend les ronds-points à pleine vitesse et à l’envers

Après une après-midi « team building », un employé a voulu jouer les prolongations en ville, adoptant une conduite très dangereuse.

C. Det.
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Un commercial connaît l’importance de "faire du chiffre" . Et quand, au vu des bons résultats, la direction décide d’offrir une après-midi barbecue, cocktails et détente au personnel, ça ne se refuse pas. Surtout dans un métier où la pression est omniprésente. Pour ce commercial d’une boîte du Grand Namur, le barbecue s’est mué en rallye automobile, direction le casino. Il a été condamné par le tribunal de police à 1600 € d’amende et à un mois de déchéance, le tout avec sursis partiel. Un jugement trop léger pour le Parquet qui fait appel.

Les faits se déroulent le 16 juin 2019. Une patrouille de police en voiture banalisée est garée avenue Baron Huart. Soudain, on leur signale qu’un véhicule circule à grande vitesse, du côté du pont des Ardennes. Celui-ci aborde le rond-point des Echasseurs à l’envers, évitant ainsi de faire le tour et franchit allègrement les lignes blanches. Malgré les feux bleus, la voiture ne s’arrête qu’à hauteur du casino où plusieurs véhicules la rejoignent. Il est environ une heure du matin. Le conducteur est, selon le rapport des policiers, dédaigneux, agressif et sous l’emprise de l’alcool.

«Le dernier arrivé…»

Il doit répondre de diverses infractions (qu’il reconnaît en majeure partie). Comme l’explique la défense, les employés qui décident de se rendre en ville ont cette réaction de dire: "le dernier qui arrive au casino paie la tournée. " D’où la vitesse excessive qui n’est pas contestée. Par contre, l’avocat du commercial tient à souligner que le comité d’accueil au casino n’était pas des plus aimables.

D’un point de vue juridique, la défense estime que l’appel du Parquet est irrecevable. En substance, le conseil estime que le tribunal n’est pas systématiquement obligé de suivre le réquisitoire du Parquet. Par contre, il déclare le premier jugement rendu par le tribunal de police " adéquat" . De fait, celui-ci aurait tenu compte de l’absence d’antécédents du conducteur: " c’est un dossier malheureux sur fond de pression professionnelle" . De plus, son client a fait l’objet d’une agression gratuite trois mois plus tard. Ce qui, selon son avocat, lui aurait fait prendre conscience de ce qu’une victime peut ressentir. Il souffre d’un stress post-traumatique et est suivi. Il a besoin de son véhicule pour son travail et son traitement. Jugement le 13 septembre.