«Comme perdre un membre de leur famille»

Le « ping » namurois est en deuil suite au décès de Luc Cabrera, personnage emblématique du Vedrinamur.

Thibaut MARMIGNON
 Luc Cabrera va manquer à ses pongistes. Et à tout le ping namurois.
Luc Cabrera va manquer à ses pongistes. Et à tout le ping namurois. ©ÉdA – 501180417163 

Luc Cabrera a perdu son dernier match. Trop tôt. Il s’est éteint ce vendredi, à l’âge de 56ans, après avoir combattu la maladie. Le frère de Thierry a marqué l’histoire du tennis de table namurois et en particulier le club du Vedrinamur auquel son nom restera à jamais associé. Un club dont il était si fier, auquel il était si attaché. D’abord comme joueur, ensuite comme entraîneur, « Lucky » n’y aura laissé que de bons souvenirs. " On dit que personne n’est irremplaçable mais Luc, ce sera impossible , insiste Didier Cat, coach à Vedrinamur et ami de longue date, d’ailleurs sur la route pour le domicile de Luc lors de notre coup de téléphone. On se voyait toute l’année, chez lui, à la maison ou dans les différentes salles. On était encore parti voir un match à Rouen, en octobre dernier, juste avant qu’on ne découvre sa maladie.C’était notre dernier match ensemble "

Très ému, Didier pense d’abord à la famille de Luc, avant d’ouvrir la boîte à souvenirs. " En ressortir un, c’est trop compliqué, tellement les bons moments passés en sa compagnie sont nombreux. Il y a eu les mémorables stages à l’étranger, les entraînements à la Province, les rencontres… C’était aussi un grand connaisseur avec un carnet d’adresses impressionnant. Ancien joueur de l’équipe nationale, il a mené une belle carrière, en France notamment. Et tous les jeunes peuvent lui dire merci pour tous ce qu’il a apporté au tennis de table en Belgique ."

«La nounou» des jeunes

Luc avait débuté le ping dès le plus jeune âge, au Jemclub, avant de passer par Ham, Gembloux, Rhisnes ou la Cipale. " Il est arrivé chez nous en 2001, rappelle Eli Laforge, affilié depuis la première heure et figure emblématique du cercle vedrinois. Mais je le connaissais depuis qu’il était minime. Il venait jouer le tournoi de Vedrin avec son frère Luc. Et puis son papa Jean était mon surveillant à l’athénée de Namur et on a créé les Pongistes du cœur. Luc a été champion de Belgique cadets et juniors. Devenu série A, il est parti en France, à Bruille avant de revenir à Ciney, en Superdivision. C’était un sacré joueur, avec comme meilleur classement, une place de 6ebelge. " Un super joueur rapidement devenu un entraîneur hors pair. " Un coach unique , insiste Eli Laforge. Il est surtout rapidement devenu le confident de tous les jeunes du club. Pour certains, son départ va être difficile à combler, c’est comme s’ils perdaient quelqu’un de leur famille pour la première fois. Luc avait constitué une commission des jeunes, c’était un peu leur nounou à tous. "

Affaibli par la maladie, Luc n’a jamais abandonné ses couleurs. " Il suivait nos matches à distance, via les réseaux sociaux , explique encore Eli. Toujours très lucide, il nous téléphonait avec sa casquette de coach pour donner des conseils tactiques. C’était aussi un champion de l’organisation, il venait d’ailleurs encore de préparer la commande des futurs maillots. Mais je retiendrai avant tout sa gentillesse extrême et sa bienveillance.J’ai perdu un ami ."

Il n’est pas le seul et comme tous ceux qui ont connu ce passionné de ping, il ira lui rendre un dernier hommage, ce mercredi matin, à l’église Saint-Martin de Jemeppe-sur-Sambre.