Namur: le plein d'excès de vitesse interpelants au tribunal de première instance, sans savoir toujours dire qui conduisait

La vitesse excessive dans les chantiers autoroutiers : un sujet récurrent devant le tribunal. Tout comme l’identité variable des conducteurs.

Catherine Dethine
 Du côté de Fernelmont, une Porsche est une fois montée à 176 km/h, et 174 km/h dix jours plus tard.
Du côté de Fernelmont, une Porsche est une fois montée à 176 km/h, et 174 km/h dix jours plus tard. ©vector_master – stock.adobe.com

Une trentaine de dossiers inscrits au rôle de mardi mais pas question de demandes de remise. Pour le président du tribunal de première instance, Christian De Valkeneer, siégeant en appel de police, il faut avancer. Mais pas trop vite.

Pourtant, une vitesse inadaptée (principalement sur autoroute et dans des zones à risques), c’est ce qui a conduit l’essentiel des personnes devant le tribunal.

À commencer par cet ancien gérant de salons de coiffure flashé le 2 mai 2020 à 120 km/h au lieu de 70 sur un chantier de l’E42. Son casier n’est pas là pour rassurer le substitut Vincent Colson qui le catalogue de "pirate de la route" avec pas moins de 11 faits de roulage. Son avocat sollicite le sursis le plus large possible.

Le 16 mai 2020, c’est près d’un chantier à hauteur de Temploux qu’un automobiliste né en 1994 est flashé à 131 km/h au lieu de 70. En état d’aggravation, il a écopé de 320 € d’amende, 3 mois de déchéance et le passage obligatoire des 4 examens. Même si son casier ne comporte " que " 6 antécédents roulage, il a, de l’avis du substitut Vincent Colson, " un profil inquiétant" vu son âge. Déjà en 2014, on le coinçait avec un permis provisoire et des personnes à bord de sa voiture. Il a aussi été condamné pour délit de fuite et conduite sous influence. Du côté de la défense, on sollicite un sursis probatoire partiel. Pas question de banaliser mais son client vient juste d’être papa et il a besoin de son permis pour aller travailler.

Une Porsche en prêt

Le propriétaire d’une Porsche Panamera a visiblement été bien inspiré sur l’E42, du côté de Fernelmont. Le 30 mai 2020, on le flashait à 176 km/h et le 10 juin, même endroit, à 174 km/h. Sans antécédent, il a écopé d’une amende de 4000 € avec sursis pour moitié. La vitesse est difficilement discutable. Néanmoins, selon son avocat, ce n’était pas lui qui était au volant. " Actif dans la vente de chevaux de compétition, il prête sa voiture à des clients."

Une générosité qui ne touche pas que les propriétaires de Porsche. Une société à la tête de plusieurs concessions automobile dans le Namurois et dans le Brabant wallon, a connu la même mésaventure. Un de ses véhicules a été flashé sur une zone de chantier le 4 mai 2020, à 112 km au lieu de 70. Dans ce cas, outre un PV, la société (personne morale), reçoit un "67 ter" , document destiné à donner l’identité du conducteur au moment des faits. Comme l’explique l’avocat de la société: avec une flotte de 350 véhicules et 300 membres du personnel, cela devient compliqué.

Dans la majeure partie des cas, " on" n’a pas reçu le papier en question et "on" n’a pas répondu aux convocations de la police. Ou alors, on garde le silence pour raisons personnelles. Un papa qui n’était pas présent en Belgique lors du contrôle se voit mal "envoyer ses enfants au bûcher" . Un manquement qui, financièrement, peut monter dans les tours: de 500 à 5000 € à multiplier par huit. Une sacrée ardoise.