Rythmes scolaires: le feu est au bleu

Tandis que le projet de réforme des rythmes scolaires s’apprête à connaître son épilogue, des dissensions apparues ces dernières heures au sein du MR remettent-elles en question l’issue du vote attendu ce mercredi soir? Diana Nikolic, cheffe de groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, développe la position de son parti.

Romain Veys
Rythmes scolaires: le feu est au bleu
À la prochaine rentrée, près d’un million d’enfants bénéficieront d’un calendrier scolaire plus en phase avec leur rythme et leur bien-être. ©AUFORT Jérome - stock.adobe.com

C’est en 1990 que la commission spéciale "Rythmes scolaires" du Parlement de la Communauté française a vu le jour. Le rapport final remis un an plus tard au ministre de l’Éducation Jean-Pierre Grafé statuait – entre autres conclusions – sur le fait que l’alternance "7/2" entre les semaines de cours et celles de repos entraînerait un indéniable bénéfice pour les enfants scolarisés dans les établissements organisés ou subventionnés par la Communauté.

Depuis, et ce jusqu’à aujourd’hui, le projet de réforme qui en a découlé n’avais jamais franchi l’écueil de la simple déclaration d’intention. Sans cesse postposée pour être finalement refourguée à la législature suivante, la décision sur la question se fait ainsi attendre depuis 30 ans.

Il y a deux semaines, les députés francophones réunis en commission de l’Éducation ont avalisé le projet de réforme porté, depuis deux ans, par Caroline Désir: l’occasion d’un dernier échange de tirs entre, d’une part, la majorité PS-MR-Écolo convaincue de la nécessité de mettre en œuvre cet épineux chantier à la prochaine rentrée et, d’autre part, l’opposition acharnée du PTB, des Engagés (ex-cdH) et de DéFI, partisans d’un nouveau report de ces nouveaux rythmes scolaires.

Débat interne

Mais si la chose paraissait donc entendue depuis deux semaines, des récentes sorties émanant notamment du bureau politique du MR, l’un des partenaires de la majorité, ont semblé remettre en question la position des libéraux autour du projet et menacé ainsi l’issue favorable du vote telle qu’attendue ce mercredi.

Toutefois, Diana Nikolic, cheffe de groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, réaffirmait ce mardi que son parti "soutient la réforme tant sur le fond que dans la forme", disant au passage "regretter les fuites" ayant laissé apparaître des dissensions au sein du parti.

" Il s'agit d'une réforme de grande ampleur, analyse Diana Nikolic. Il est donc normal qu'il y ait des avis différents autour de la table." D'ailleurs, plutôt que de parler de dissensions, la cheffe de groupe préfère évoquer le terme de "débat interne au parti", une pratique "régulière et saine. Nous ne sommes pas des presse-bouton".

Trouver des solutions

À l’origine de ce débat, figure l’impact que cette réforme entraînera pour certaines familles bruxelloises ayant fait le choix de scolariser (une partie de) leurs enfants dans une école relevant de la communauté flamande.

"Nous recevons énormément d'interrogations, poursuit Diana Nikolic. Nous entendons les craintes, nous pouvons entendre les critiques et on doit apporter des solutions. Le gouvernement a travaillé et continuera de travailler pour apporter des réponses."

Elle rappelle par ailleurs que Pierre-Yves Jeholet, le ministre-Président de la FWB, a inscrit la question des rythmes scolaires au prochain comité de concertation, pour voir ce qui peut être envisagé à ce sujet.

«Attendue et nécessaire»

"Il s'agit d'une décision attendue et nécessaire", reprend la cheffe de groupe au moment de commenter cette réforme. "Le débat a eu lieu au sein du parti, il a eu lieu au sein du Parlement. Cette décision se trouve dans la déclaration de politique communautaire, l'acte fondateur de notre gouvernement. Depuis plus de 30 ans, la FWB s'est engagée à mettre cette réforme en œuvre."

Et ce mercredi, elle deviendra réalité.