Namur: à la recherche des livreurs de plats chauds

KFC, une célèbre enseigne de fast-food, a ouvert ce lundi à Jambes. Une de plus pour les livreurs de repas commandés en ligne. Rencontres furtives avec ces (moto)cyclistes, entre deux courses.

Namur: à la recherche des livreurs de plats chauds
Les livreurs des plateformes Deliveroo et Uber Eats sont reconnaissables grâce au sac isotherme qu’ils transportent à travers les rues. ©ÉdA – Florent Marot
Florent Marot

Ce n'est pas aisé d'intercepter un livreur Uber Eats ou Deliveroo pour un bout de conversation. Ils peuvent vous lâcher sans prévenir pour une course trop précieuse pour être ignorée. Pierre et John, téléphone en main, sont décontractés lorsqu'ils se saluent sous l'abribus, place de la Station. Mais en réalité, ils sont sur les starting-blocks. Dès que l'appétit d'un client fait sonner leur téléphone, tout s'arrête. Et eux démarrent. "Quand un client commande un repas à moins de trois kilomètres, j'accepte", explique Pierre, livreur depuis un an. Ce livreur est "professionnel", c'est-à-dire qu'il roule à vélo sous un statut d'indépendant avec ce que cela comporte de charges sociales et d'insécurité. Pierre est camerounais et a un diplôme belge en informatique de gestion. Mais n'a jamais travaillé en tant que tel. C'est la discrimination à l'embauche qui l'a livré à Deliveroo et Uber Eats. "J'ai postulé partout, mais en Belgique, l'étranger passe après le Belge et l'Européen, ce n'est pas une légende. C'est déjà compliqué de trouver un métier, alors quand on est au fond de la liste…"