«Pardon» au Théâtre Jardin-Passion : ce que la résilience a d’universel

Avec sa création intitulée PARDON, la compagnie Hypothésarts jette un pont entre deux époques malmenées de notre histoire et crée le dialogue.

Nicolas LAHAUT.
«Pardon» au Théâtre Jardin-Passion : ce que la résilience a d’universel
Sinda Guessab incarne une mère dont le fils «a commis le pire au nom d’Allah.» ©Bernard Mairesse

«L'histoire que je vais vous raconter a, comme toutes les autres histoires, un rapport majeur avec le monde dans lequel elle est née.» La silhouette ombragée de l'homme qui vient de prendre la parole se dessine délicatement sur la grande toile blanche. Face à lui, dos au public, la dame s'apprête à lui tendre le témoin. Le temps d'un instant distordu, on devine le croisement de leurs regards. Dans cet interstice théâtral, leurs histoires respectives se frôlent et se dévoilent ce qu'elles ont de plus communément universel. Lui se surnomme Moineau. Elle ne nous a pas révélé son prénom. L'on sait de cette dernière ses origines algériennes et les terribles maux qui l'accablent. Durant la demi-heure fraîchement écoulée, elle s'est attelée à rédiger, comme chaque jour que dieu fait, la lettre qu'elle enverra à son fils, emprisonné pour avoir commis le pire au nom d'Allah.