Encore un nouveau chef au pavillon belge

Aux fourneaux ou sur les échasses, les Namurois ont soufflé sur les braises pour sauver la flamme du pavillon belge.

Samuel Husquin
Encore un nouveau chef au pavillon belge
expo milan ©t ÉdA – 3057494512

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Même Usain Bolta déjà été éliminé pour un faux départ. Après son couac d’entrée, le pavillon belge a pourtant droit à une seconde chance (du moins dans le regard des francophones de Belgique) cette semaine.

Les regards se braquent donc tous sur les cuisines, là où la pression fut maximale à la fin du printemps, à un point tel que le pourtant très expérimenté Benoît Gersdorff a dû déposer le couteau.

«Un chef anversois a été très prompt pour le remplacer», souffle un politique namurois. «Il attendait probablement dans l'ombre.»

Mais le maître queux n’a visiblement pas les mêmes qualités que Philippe Etchebest pour faire sortir une cuisine de l’enfer. Pour cette semaine dédiée à la Wallonie et à Bruxelles, le patron toqué a visiblement filé à la milanaise.

Un coup de main des étudiants

Encore un nouveau chef au pavillon belge

«J'ai été contacté en urgence vendredi dernier par le président des maîtres de cuisiniers de Belgique», lance Olivier Bourguignon, toque bien connue dans le Namurois. «J'ai débarqué ce samedi.» Pour un intérim d'une semaine. «Heureusement, on a le coup de main d'étudiants sortant des écoles de cuisine de Huy et de Hoogstraten.»

Pas le temps de gamberger en cuisine ni de se demander qui du jambon d’Ardenne ou de la crevette grise est le meilleur ambassadeur noir jaune et rouge. Faut envoyer!

Et ce mercredi, c’est bien chaud avec les commandes habituelles et les mises en bouche de la réception «wallo-namuroise».

« Je me suis fait envoyer le programme vendredi, histoire de savoir dans quoi je m'embarquais», souffle Olivier Bourguignon et son sourire imperturbable. «Mais je veux aussi le terroir avec sa touche milanaise», explique l'homme du Darville. Le jambon ardennais sera ainsi marié au melon. Et les espumas auront une petite touche en finale de Blanche de Namur.

Y'a pire comme job estival

Dans la chaleur tropicale des cuisines, Wallons et Flamands vont ramer dans le même sens. « Moi, c'est une super expérience», lance Laure, toute primesautière. Les jeunes impliqués sur le tard ne sont pas exploités, loin de là. Un bon hôtel, quelques centaines d'euros en poche, le beau soleil de Milan… Y'a pire comme job estival.

L’été, Olivier Bourguignon ne sait pas trop s’il a l’accent milanais. «Moi, ce qui me motive avant tout, c’est de donner une belle image de la Belgique.» Et sur ce coup-là, le Royaume était bien dans son assiette.

Une vingtaine de Namurois
C'est peut-être un réflexe sous localiste mais pour une fois l'accent namurois semble bien authentique. Le pavillon belge a en effet bien des connexions avec les entreprises de nos régions. « Une vingtaine de sociétés de notre province se sont en effet investies dans cette expo », rappelle le député provincial Jean-Marc Van Espen.

On pense, entre autres, à VDV de Fernelmont qui a réalisé l'escalier principal, à Structure Wood qui a assuré pour la structure en bois, à iDled, les Naninnois qui mettent le pavillon en lumière. Sans oublier Patrick Genard, le plus namurois des architectes barcelonais qui a imaginé toutes ces courbes.

Un petit goût wallon
« Le marché italien est le cinquième dans nos exportations », rappelle Jacques Jadoul, directeur à l'Awex. « Cette présence ici en Italie n'est donc pas inutile. » Ce qu'on exporte chez nos cousins transalpins ? « De la chimie surtout. Mais aussi du lait… », continue ce responsable de l'exportation wallonne. « L'Italie est le premier producteur de fromages. Elle a donc un grand besoin de lait aussi de l'extérieur. » Le provolone a donc peut-être aussi parfois un petit goût wallon…