Malvoyant mais cuistot autonome

Le Cefor souhaite intégrer des personnes malvoyantes dans son cursus «cuisine» dès septembre. Reste à boucler le budget.

Malvoyant mais cuistot autonome
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Au fil des quatre dernières années, le Cefor a ouvert de plus en plus largement ses portes aux malvoyants. Cela a commencé par une visite adaptée des ateliers, lors des portes ouvertes de l'école. Vu l'intérêt suscité, de petites formations sur deux ou trois jours ont été organisées pour un petit groupe de malvoyants : cuisine, boulangerie et, bientôt, oenologie. «C'était l'occasion de voir si nos ateliers étaient adaptables et s'il était possible de travailler sans mettre les personnes en danger», explique Marie Defoing, chef d'atelier au Cefor. Verdict : oui, c'est possible. «Un prof m'a dit : ils ont des yeux au bout des doigts», illustre la responsable.

Fort de cette expérience et de la demande des premiers concernés, le Cefor se propose aujourd'hui d'intégrer durablement des étudiants malvoyants dans son cursus «cuisine». Une classe supplémentaire serait créée pour seize étudiants, dont la moitié de malvoyants. La classe serait encadrée par deux professeurs et équipée de matériel adapté, comme des balances parlantes. «Pour le reste, ce serait le même programme de 120 heures de cours que dans les autres classes, avec examen et attestation de réussite en fin d'année, note Marie Defoing. Les personnes malvoyantes ne souhaitent pas être infantilisées, ni bénéficier d'un traitement de faveur.»