La Bruyère : une possible vente de terrains à Meux qui fâche

La majorité communale envisage, éventuellement, de vendre des terrains agricoles situés à Meux. Une décision qui a mis l’opposition en colère.

Jean-François LAHAUT
 Pour l’opposition MR, la vente des terrains à Meux permettra de combler le trou financier important causé par le hall sportif.
Pour l’opposition MR, la vente des terrains à Meux permettra de combler le trou financier important causé par le hall sportif. ©Hotua-Poncelet Architecture

Dès l’entame du conseil communal de jeudi soir, le bourgmestre Yves Depas (PS) a tenu à sensibiliser l’assemblée sur la situation actuelle vécue par les Communes, en ce compris La Bruyère. Des Communes qui, a-t-il rappelé, ont de plus en plus difficile à nouer les deux bouts. "On a survécu au Covid, on a survécu aux inondations, à l’accueil des migrants, mais ici, avec l’augmentation des énergies et les sauts d’index, ça devient hypercompliqué. Même les Communes qui ont des réserves ont difficile."

Et Yves Depas de poursuivre en annonçant que le collège devra faire preuve de courage et prendre des mesures qui ne seront pas très populaires, mais nécessaires, selon lui, pour ne pas impacter plus encore le citoyen. Pour le premier magistrat de la Commune, l’année 2023 et, sans doute, l’année 2024 seront compliquées. Et cela n’est pas dû, précise-t-il encore, à une mauvaise gestion, mais bien à des charges que la Région et le Fédéral font supporter à celles-ci.

« Vous aurez tout vendu en quatre ans »

Loin d’être une digression, cette prise de parole du bourgmestre augurait en quelque sorte de ce qui allait suivre au cours de la soirée, lorsque la majorité allait solliciter l’avis des membres du conseil concernant une éventuelle vente de terrains agricoles situés à Meux.

Si différents points, ayant trait aux budgets de plusieurs fabriques d’église et à la réparation d’un mur d’enceinte d’une implantation scolaire à Emines, eurent le don d’énerver certains conseillers de l’opposition MR, l’éventuelle vente, partielle ou totale, de terrains agricoles a mis le feu aux poudres et a déclenché l’ire de l’opposition. À commencer par le conseiller Stephan Henry (MR) qui, outre le fait qu’une telle vente allait mettre trente personnes en difficulté financière, a demandé au collège d’arrêter de piller le patrimoine communal. "Vous avez déjà vendu pour 1 250 000 euros, vous avez augmenté le précompte… Vous aurez tout vendu en quatre ans. Il est quand même temps de se remettre en question et de voir où vous allez."

Le hall des sports, symbole de prodigalité

S’inscrivant en faux, Yves Depas a martelé que, dans une situation telle que celle qu’on vit actuellement, et qui est inédite, il fallait faire des choix. Il a également rappelé au conseiller Henry qu’il y avait 9 300 citoyens à La Bruyère et non trente. Pour lui, tout le monde doit profiter du patrimoine communal et non quelques personnes.

Pour le conseiller Thibault Bouvier (MR), c’est l’irresponsabilité du bourgmestre qui est en cause. "Le problème auquel on est confrontés aujourd’hui, c’est que tu as été prodigue, follement prodigue, pendant quatre ans. Tu as joué, profondément joué, avec l’épargne des citoyens de la commune. Et, aujourd’hui, j’entends que gouverner c’est prévoir. Prévoir, c’était il y a quatre ans. Et le symbole de cette prodigalité, c’est le hall des sports." Pour Thibault Bouvier, la vente des parts communales servira uniquement à combler un trou important pour le hall des sports. "Aujourd’hui, on doit vendre nos lingots d’or, les parts communales, pour un projet qui flatte la vanité des élus."

En réponse à cette estocade du conseiller, le bourgmestre a insisté sur le fait que la construction du hall sportif avait été souhaitée par tous, y compris l’actuelle opposition.