Gembloux-La Bruyère : trois chevaux agressés en dix jours dont un poney tué et émasculé

Mardi matin, deux équidés ont été mutilés à Grand-Leez. Des faits abjects qui font suite à l’agression d’un poney, tué et émasculé, il y a une dizaine de jours à Rhisnes. Les actes de barbarie écartent la thèse de l’attaque animale. La police locale appelle à la vigilance.

Bertrand LANI
 Bien que gravement mutilés, Nalino et Gabriel ont eu plus de chance que Petit Prince (en bas à droite), tué sauvagement il y a dix jours dans sa prairie à Rhisnes.
Bien que gravement mutilés, Nalino et Gabriel ont eu plus de chance que Petit Prince (en bas à droite), tué sauvagement il y a dix jours dans sa prairie à Rhisnes. ©Try Lambord – Ferme équestre

Ce sont des actes d’une cruauté rare auxquels ont été confrontés les gérants de la ferme équestre le Try Lambord à Grand-Leez. Mardi matin, ils ont découvert deux de leurs chevaux mutilés au niveau des chevilles. Nalino a été sévèrement touché: le tendon extenseur du postérieur droit a été sectionné. "Il faudra attendre six à huit semaines pour savoir s’il souffrira de complications" , témoigne Benoît Dujardin, responsable de la ferme équestre grand-leezienne. Par chance, les blessures de Gabriel sont superficielles, aucun nerf ou tendon n’a été touché.

Lorsque les deux animaux ont été découverts, dans la matinée, les faits venaient de se produire. "Sur base des blessures, le vétérinaire a estimé que cela avait eu lieu une heure plus tôt" , précise Benoit Dujardin. Soit entre 8h30 et 9h15 selon les constatations médicales. Les policiers de la zone Orneau-Mehaigne ont été appelés à 11h. Ceux-ci invitent les propriétaires de chevaux et les exploitants de fermes équestres à faire preuve de vigilance car il s’agit du deuxième cas de maltraitance envers des équidés recensé sur leur territoire en dix jours.

Un poney tué et émasculé

La nuit du 25 mars, un poney de 11 ans a été tué dans sa prairie, alors qu’il était en compagnie de six autres chevaux, rue des ponts, à Rhisnes. Éline S., sa propriétaire, est toujours sous le choc. "J’étais avec ma sœur en voiture quand on est passé devant la prairie. Je regarde toujours et là, j’ai vu mon poney qui était allongé. On a aussitôt fait demi-tour", raconte-t-elle. Face à la macabre découverte, la jeune femme avoue avoir perdu le sens des réalités. "Je n’ai pas pensé tout de suite à un acte humain. C’était une forme de déni" , avoue-t-elle. Pourtant les signes ne trompent pas. Petit Prince a été frappé à la tête avec une barre de métal avant d’être amputé de ses organes sexuels. "C’est sans doute l’œuvre d’une secte qui a voulu emporter un trophée. On a même constaté une trace d’injection à la jugulaire ainsi qu’un emballage taché de sang. On a fait faire une analyse toxicologique mais elle n’a malheureusement rien donné parce que le sang n’était plus bon" , détaille Éline. Cette amoureuse des animaux avait jusqu’ici toujours privilégié la vie au grand air pour ses chevaux. Des convictions qui sont, aujourd’hui, fortement ébranlées. "Je n’ose plus les sortir pour l’instant. Nous sommes en train de faire des travaux et quand ils seront terminés, nous aurons une prairie beaucoup plus sécurisée. Une chose est sûre, c’est que je ne m’en remettrai jamais."

Un lien entre les deux faits?

S’il est, à ce stade, impossible d’établir une quelconque corrélation entre les deux faits, certains indices pourraient laisser supposer que le ou les auteurs de ces agressions gratuites sont les mêmes. La police précise ainsi que, dans les deux cas, les vétérinaires qui ont été sur place ont expliqué que les blessures infligées n’étaient pas l’œuvre d’un "boucher" mais bien de quelqu’un qui a le geste sûr.

Pour la propriétaire du poney tué à Rhisnes, il est cependant peu probable que les deux actes de barbarie soient liés. "S’il s’agissait des mêmes auteurs, je pense qu’ils auraient été jusqu’au bout à la ferme de Grand-Leez. Ou alors peut-être ont-ils été dérangés avant de commettre le pire?"

Assurément, quel que soit le cas de figure, les actes commis n’en demeurent pas moins abjects.