Bibliothèque : suite et pas fin

Le dossier de la bibliothèque est vieux de 15 ans. Mais il prendra quelques mois de plus. Pour la bonne cause, assure l'échevin.

Samuel Husquin
Bibliothèque : suite et pas fin
11427015 ©© EdA

Heureusement que les petits Bruyérois n'ont pas attendu la nouvelle bibliothèque bruyéroise pour apprendre à lire. Sinon, on aurait droit à une belle génération d'illettrés dans le coin... Le projet est en cours depuis une quinzaine d'années. Et, il est vrai, l'ancienne équipe au pouvoir n'a pas spécialement joué les accélérateurs. Soit.

Les choses avancent. Et ça se voit. Dans son habit de briques rouge sombre, la nouvelle bibliothèque a pris place lentement dans le coeur de Meux. Elle a de l'allure. Mais il convient aussi de lui donner les outils. Et c'est là que se pose la question.

L'architecte, respectant à la perfection la mission qui lui fut confiée, voulait lancer un marché public avec un cahier des charges très corseté pour ce qui concerne le mobilier. C'est d'ailleurs le point qui devait être voté jeudi soir par le conseil.

Mais, surprise du chef, l'échevin Olivier Nyssen a demandé en dernière minute de... retirer ce point.

« Si on procède de la sorte, cela nous prive d'une bibliothèque de très grande qualité », avertit le Meutois. Ce système de marché impose en effet de prendre le candidat qui propose l'offre la plus intéressante. Et ce même si les qualités esthétiques de l'offre sont équivalentes à un « Mickey Mouse » sur une taie d'oreiller.

« On peut entendre vos arguments mais comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu de discussion avant que le point ne soit présenté ? », s'étonne Philippe Soutmans. « Un bon dossier, c'est un dossier qui a été ficelé avant d'être présenté au conseil », continue Jean-Marc Toussaint, pour le PS. « Toutes ces discussions, toutes ces réflexions auraient dû avoir lieu avant... » Olivier Nyssen assure que, si le conseil patiente encore un peu, la mouture suivante sera de belle facture. « Si on vote maintenant, explique-t-il, C'est comme si on installait une cuisine Ikea dans un château. » Le mayeur va dans le même sens. « Après tous les efforts qui ont été réalisés, ce serait malheureux de tout rater pour un détail. C'est comme si on gâchait une tarte pour un abricot... » Dans les rangs de l'opposition, on est tout à fait d'accord sur le fait qu'il ne faut pas tout griller dans la dernière ligne droite. Par contre, les attaques sont virulentes à l'attention de l'échevin. « Pourquoi mettre ce point à l'ordre du jour et faire toute cette démonstration pour le retirer ? Si ce n'est que pour faire le show, comme d'habitude », lance, acerbe, Jean-Marc Toussaint. « Là, tu attaques au niveau de la ceinture », intervient l'échevin. « C'est le niveau auquel tu te situes très souvent », riposte le socialiste. Ambiance.