«Dans un mois, ce sera de l'or!»

Les grandes cruches métaliques attendent leur tour sagement. Dans cette vieille ferme de la Famenne namuroise, on prend encore le temps de faire les choses.

«Dans un mois, ce sera de l'or!»
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La recettes, elle n'a pas changé depuis... qu'on fait du beurre chez Plaquette, à Mesnil-Saint-Blaise.

Pas de secrets de polichinelle ni de poudres de perlinpinpin. Rien que de l'expérience et du savoir-faire ancestral. «Il faut surtout ne jamais quitter la baratte des yeux. Et quand le beurre est fait, il faut arrêter tout de suite. Sinon, c'est fichu», commente Ginette, la maman.

Les vaches viennent seulement de retrouver la pâture. «C'est pour ça que le beurre est si pâle. Mais revenez dans un mois, ce sera de l'or!», commente la maîtresse des lieux.

Les petites astuces maison? «On a une technique particulière au lavage du beurre», se risque le fiston. «Mais, ce qui est plus rare, on travaille en continu. Depuis la traite, le beurre n'est ni refroidi, ni réchauffé.» Dans cette ferme mesniloise, la production hebdomadaire de beurre tourne autour des 250 kilos.

Des volumes raisonnables mais, vu les nombreux conditionnements différents, il y a aussi de l'ouvrage dans l'atelier.

«Et il ne faut pas que les mains chauffent. Sinon, le beurre risque de fondre et finit par coller...», commente ce travailleur, un seau d'eau froide à portée de main.

À 28 ans, Lionel Plaquette est fier d'innover sans tourner le dos au passé. «Quand j'étais enfant, j'entendais ricaner autour de nous. On disait, un peu en se moquant : Regardez, chez Plaquette, ils font encore du beurre qu'ils vendent en direct... Aujourd'hui, c'est finalement par ce genre de démarche que l'on va sauver le métier d'agriculteur.» De quoi donner aux futures générations un peu de beurre pour mettre sur sa tartine.

S.Hq.